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	<title>care | Cercle InterL</title>
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	<description>Un réseau de réseaux de femmes et d&#039;hommes d&#039;entreprises engagées pour la mixité</description>
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		<title>Cher Emmanuel Todd</title>
		<link>https://www.interelles.com/lu-pour-vous/cher-emmanuel-todd</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Contributeur InterElles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Feb 2022 09:22:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lu pour vous]]></category>
		<category><![CDATA[care]]></category>
		<category><![CDATA[mixité]]></category>
		<category><![CDATA[plafond de verre]]></category>
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		<category><![CDATA[réseaux de femmes]]></category>
		<category><![CDATA[SEXISME]]></category>
		<category><![CDATA[stéréotypes de genre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p class="elmt-chapeau"> Ou peut-être devrais-je dire « Pauvre Emmanuel Todd » après avoir lu votre dernier ouvrage : « Où en sont-elles – Une esquisse de l’histoire des femmes » et en voyant vos photos où vous paraissez toujours si chagrin? </p>
<p> Anthropologue et historien de renom, vous avez assis votre légitimité sur des travaux antérieurs qui [...]</p>
<p>The post <a href="https://www.interelles.com/lu-pour-vous/cher-emmanuel-todd">Cher Emmanuel Todd</a> first appeared on <a href="https://www.interelles.com">Cercle InterL</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="elmt-chapeau"> <strong>Ou peut-être devrais-je dire « Pauvre Emmanuel Todd » après avoir lu votre dernier ouvrage : « Où en sont-elles – Une esquisse de l’histoire des femmes » et en voyant vos photos où vous paraissez toujours si chagrin?</strong> </p>
<p>Anthropologue et historien de renom, vous avez assis votre légitimité sur des travaux antérieurs qui font autorité.</p>
<p>Cette fois, vous vous attaquez à la question de l’émancipation des femmes, au féminisme, à la notion de genre aussi qui s’est répandue ces dernières années, autant de sujets qui représentent nous dites-vous « <em>la descente aux enfers conceptuelle de l’anthropologie </em>» ! Pas moins ! On comprend que vous soyez troublé. Le monde ne serait plus qu’antagonisme entre les hommes et les femmes. <strong>C’est tellement énorme pour la féministe modérée que je suis,</strong> <strong>que je mettrai vos propos entre guillemets et en italique, que nous soyons sûrs que ce n’est pas moi qui invente</strong>.</p>
<p>Ainsi affirmez-vous que « <em>la destruction du patriarcat fut facile chez nous parce qu’il n’y avait jamais vraiment existé » et que « Les femmes sont, dans bon nombre de domaines, déjà au pouvoir ». </em>Vous mettez néanmoins aimablement à notre crédit des effets positifs, tels <em>« la chute de la violence physique et le reflux de la guerre, l’affaiblissement du racisme »</em><strong>. </strong>Sans doute, grâce à nos qualités féminines tant vantées, par ceux qui veulent nous garder enfermées à la maison ou dans les métiers du soin. Ce que nous appelons stéréotypes et normes (in <em>Sciences économiques et sociales, classe de première</em>, Hatier) :</p>
<ul>
<li><strong>Un stéréotype</strong> est une opinion partagée de façon quasi-unanime par un groupe social et faisant office de jugement définitif sur un type ou un groupe d’individus. Le stéréotype peut être rapproché du préjugé ou de l’opinion reçue.</li>
<li><strong>Les normes </strong>sont les règles sociales qu’il faut respecter et qui définissent le comportement approprié ou attendu dans la vie sociale.</li>
</ul>
<p>Vous savez tant de choses et en ignorez d’autres. Vous nous dites votre passion pour l’intelligence, votre désir de comprendre. Mais quel usage tragique de l’intelligence ! Ne faut-il pas parfois sentir ? Partir de l’expérience sensible pour arriver à la conceptualisation ? Dans quel monde vivez-vous ? Celui de votre bibliothèque ? En êtes-vous jamais sorti ? Avez-vous jamais aimé ? Avez-vous été aimé ? Avez-vous joué, parlé avec de jeunes enfants ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Dans votre bureau à l’abri du monde réel</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pas de patriarcat</strong></p>
<p>« <em>Ce que nous vivons est l’accentuation d’un statut plutôt élevé des femmes et non le renversement d’un ordre « patriarcal » fantasmé. Je montrerai la facilité de l’émancipation, une fois réalisées les conditions technologiques de sûreté contraceptive et économiques d’abondance ». « L’absence d’un refus masculin sérieux et solide aura été un élément fondamental de l’évolution anthropologique ».</em></p>
<p>Vous avouez ne vous être jamais intéressé à la question du féminisme, qui vous apparaissait jusque-là comme un « <em>non-problème</em> »<strong>. </strong>Vous n’ignorez pas les précédentes vagues féministes :</p>
<ul>
<li>les suffragettes,</li>
<li>les années 70 et la lutte pour la contraception et l’avortement,</li>
<li>mais tout cela pensez-vous baignait dans un climat aimable et souriant !</li>
</ul>
<p>Sans doute avez-vous oublié les violences auxquelles se sont confrontées certaines suffragettes, luttant pour leur droit de vote.</p>
<p>Dans les années 70, où une femme pouvait craindre encore la prison pour un avortement avez-vous oublié comment Gisèle Halimi ou Simone Veil ont été conspuées, injuriées, menacées. Cela n’en a jamais fait pour autant des ennemis des hommes, qui pour certains les soutenaient et les accompagnaient.</p>
<p>Enfin, avant cette période plus heureuse pour les femmes, avez-vous entendu parler de celles qui devaient avoir recours aux « faiseuses d’anges » ? Avez-vous envisagé la douleur, la violence, parfois la mutilation ou la mort auxquelles elles s’exposaient ? Savez-vous que celles qui allaient alors chercher secours dans un hôpital s’exposaient parfois de la part du médecin, sans doute un homme, à un curetage à vif « pour leur apprendre » !</p>
<p>Non, les hommes ne se seraient jamais opposés au droit à la contraception et à l’avortement ! Pas plus dans les années 70 qu’aujourd’hui. Remis actuellement en question dans de plus en plus d’états américains et même dans des pays européens. Que faites-vous des mouvements « pro-life » présents aussi en France? Des assassinats de médecins pratiquant les avortements aux USA ? Des difficultés en France même à trouver des cliniques ou hôpitaux les pratiquant au nom de la « clause de conscience » des médecins. En France, des femmes sont à nouveau contraintes d’aller à l’étranger, dans des pays plus libéraux pour se faire avorter, pour des questions de délais et de disponibilité des médecins.</p>
<p>Les mariages forcés ? Les mutilations comme l’excision ? Pas entendu parler ? En France même, ces féministes, que vous honnissez, tentent d’en protéger des jeunes filles issues de l’immigration, des risques qu’elles courent lors des vacances dans le pays d’origine des parents et de l’aide que la France peut leur apporter.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em>« Le pourrissement de la liberté d’expression »</em></strong></p>
<p>Dans cette ambiance aimable où fleurissait joyeusement cet esprit si français, nommé la gauloiserie, les femmes devaient faire preuve « d’humour » et se débattre discrètement face aux mains baladeuses. Oh, que nous sommes devenues pudiques et « <em>politiquement correctes</em> » en ne l’acceptant plus !</p>
<p>Pourtant, dans les écoles où l’on a mis en place des sensibilisations aux violences sexuelles, on s’aperçoit que tous les garçons n’approuvaient pas ces dérapages. Mais l’effet de groupe, le poids du leader, les fêtes avinées dans les « grandes » écoles ont mené à de terribles excès. Il suffit parfois qu’un garçon ose s’interposer en disant : « Ce n’est pas bien, c’est du harcèlement » pour que le groupe s’effrite et que les filles puissent être en sécurité. Il en est de même aussi dans les entreprises qui se donnent la peine de soulever le problème. Bien souvent, sur proposition des « féministes »</p>
<p>Les viols quant à eux, étaient rarement reconnus. C’est d’ailleurs encore souvent le cas, parole contre parole dit-on. Avez-vous senti cette première secousse avec l’affaire DSK ? Sans doute pas, vous ne le citez pas. Comment de la drague lourde, ainsi que nous l’expliquaient ses amis, nous étions passés au viol…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>« <em>D</em></strong><strong><em>ynamitage de l’anthropologie</em> »</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Et voilà que dans votre univers tranquille et souriant, bien au chaud dans votre bibliothèque, où vos études vous permettaient de développer des certitudes, un ouragan vient tout bouleverser: Me Too, le mariage pour tous, les gilets jaunes, et même le Covid ! <strong>« <em>Le féminisme a dynamisé l’histoire et dynamité l’anthropologie </em>»</strong>, dites-vous après cette énumération.<strong> </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Me Too :</strong></p>
<p>Ne nous a-t-on pourtant pas suffisamment répété : « Ne devenez pas comme les Américaines ! Les hommes n’osent plus monter seul dans un ascenseur avec une femme. Ils doivent garder la porte de leur bureau ouverte quand ils reçoivent une femme. » La vague américaine Me Too s’étant étendue jusqu’à la France, pays de la courtoisie et de la séduction « à la française », on a découvert que même avec la porte de son bureau ouverte, une star vieillissante de la télé, pouvait culbuter une femme sur la table ! (Attention, affaire pas encore jugée, présomption d’innocence oblige !). Et cette vague s’étend de domaine professionnel en domaine professionnel. Aucun ne semble être à l’abri. Néanmoins,  nous ne considérons pas tous les hommes comme des harceleurs ou des violeurs. Nombre d’entre eux connaissent et reconnaissent cette notion subtile du consentement, mais se taisent parfois face au leader et à l’effet de groupe. La spirale peut être rompue. Des institutions, des intervenants s’y emploient. Des hommes s’engagent contre ces violences faites aux femmes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Le Covid-19 : </strong></p>
<p>On s’étonne : quel lien pouvez-vous faire entre féminisme et le Covid-19 ? Selon vous la désindustrialisation est le corolaire de l’émancipation des femmes. Les femmes travaillent dans le tertiaire, les hommes dans l’industrie. «<em>Mesurer la chute de l’emploi industriel, c’est faire la chronique du déclin de métiers masculins</em> ». Or, je vous cite : « <em>L’Occident étroit, on le verra, a déjà payé un prix économique élevé pour l’émancipation des femmes. De ce point de vue, l’épidémie du Covid-19, dans sa première phase, aura été une sévère entrée en matière puisqu’elle a éprouvé l’Angleterre, les États-Unis, la Suède et la France beaucoup plus durement que l’Allemagne et le Japon, sans oublier la Chine. </em>» CQFD. Et voilà les femmes émancipées responsables aussi de la pandémie…</p>
<p>Pouvez-vous ignorer qu’une corrélation n’est pas une relation de causalité ? Qu’importe, ce choc si violent qui vous a atteint a ébranlé toute certitude : « <em>J&rsquo;essaie de montrer dans le livre qu&rsquo;il ne peut pas ne pas y avoir de rapport entre les deux</em> »<strong>.</strong> Je vous cite encore, car on a du mal à le croire : « <em>Mais un chercheur ne peut se contenter d’un monde social hétérogène où rien n’aurait de rapport avec rien. Pire, où l’on pourrait mettre d’un côté tout ce qui est positif et de l’autre tout ce qui est négatif, sans se poser jamais la question d’une interaction entre les deux sphères. Il y aurait d’un côté le féminisme, des femmes de pouvoir, la paix, le mariage homosexuel, l’écologie, l’abolition des « races » ; et de l’autre la montée de l’inégalité, la chute des salaires ouvriers, la</em> <em>désindustrialisation, la montée d’une tension féroce entre démocrates et républicains aux États-Unis, l’émergence d’un État hors contrôle en France </em>». Tout est de notre faute ! Mais où vivez-vous ? Ouvrez-vous parfois un journal ou cet instrument vulgaire que nous appelons la télé ?</p>
<ul>
<li>Je vous rassure, les femmes aussi ont payé un prix à la pandémie. Celui d’être enfermées chez elles entre télétravail, tâches ménagères et enfants dont il fallait guider le travail scolaire.</li>
<li>L’Apec nous apprend que c<strong>hez les cadres, les femmes ont lourdement pâti de la crise sanitaire. </strong><em>« Depuis plus de 10 ans, un écart de rémunération d’environ 15 % est observé entre hommes et femmes cadres, malgré les dispositifs mis en place pour y remédier. La réduction en 2019 (de 16 % à 13 %) est suivie d’un retour à 15 % en 2020 »</em>indique l’Apec. En outre, <em>« à profil et poste équivalents »</em>, les hommes cadres ont perçu <em>« 8% de plus »</em> que les femmes cadres en 2020, détaille l’Apec dans son <em>Baromètre de rémunération des cadres.</em></li>
</ul>
<p>« <em>Les augmentations de salaire ont été plus rares en 2020 avec la crise : 38% des cadres ont été augmentés contre 48% en 2019, mais ces augmentations ont surtout profité aux hommes. La rémunération médiane des femmes cadres a été de 46.000 euros annuels en 2020, contre 53.000 euros pour les hommes. En 2019, cette rémunération médiane était identique pour les femmes mais elle n’était que de 52.000 pour les hommes. 40 % des hommes ont eu une augmentation en 2020, contre 35 % des femmes</em> ».  <em>« Alors que depuis 2017, l’écart se réduisait, avec respectivement : 49% </em><em>des hommes et 46% des femmes en 2019, 51% des hommes et 49% des femmes en 2018, 51% des hommes et 48% des femmes en 2017 » note l’étude</em>.”(in Les Nouvelles News).</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Féminicide :</strong></p>
<p>Cela ne nous suffisait pas ?<strong> « </strong><em>Sur les murs de Paris comme des villes de province ont fleuri des dénonciations de ce que l’on a appelé « féminicide ». Le paradoxe de ce regain de contestation des hommes, violent dans l’expression, évocateur d’un antagonisme structurel entre les deux sexes, est qu’il a commencé au moment même où le mouvement d’émancipation des femmes semblait sur le point d’atteindre ses objectifs</em> ». Ce regain de contestation des hommes n’existait-il pas auparavant ? Oui, cela n’apparaissait auparavant que dans les pages des faits divers que vous ne vous abaissiez certainement pas à lire. On y parlait d’ailleurs de « drame passionnel ». Tellement plus romantique ! Une dénomination apte à gagner l’indulgence du jury des cours d’assises en faveur de l’assassin.</p>
<p>N’était-il qu’évocateur d’un antagonisme structurel entre les deux sexes, ou une survivance de cette croyance selon laquelle la femme appartient à l’homme et la passion ne s’exprime jamais mieux que dans la violence? Un « Fou d’amour » chantait avec tant de succès Johnny Halliday : « Je l’aimais trop, je l’ai tuée ». Comment ne pas pardonner à cet homme qui aime tant ? C’est pourquoi nous voulons mettre fin à cette illusion barbare, nommer cet acte, cet assassinat,  pour ce qu’il est, un féminicide, non un acte d’amour.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Le plafond de verre :</strong></p>
<ul>
<li>Ainsi désignons-nous cet obstacle invisible, mais bien réel et résistant, auquel les femmes se heurtent dans leur progression professionnelle. Les hommes, ayant fait leurs preuves depuis longtemps, il est plus rassurant de perpétuer l’entre-soi du club des hommes. Pourquoi venir troubler cet ordre avec de nouvelles venues qui ne possèdent pas bien tous nos codes, pensent-ils ?</li>
</ul>
<p>Vous voulez pourtant bien en convenir : « <em>il existe, notamment en France du côté des sciences et des grandes écoles, des pôles de résistance masculine importants.</em> <em>Mais nous sommes dans une situation où devrait dominer une réflexion amicale et réformiste, en aucun cas une perception des hommes comme des assassins</em><strong> »</strong>. Ce plafond de verre auquel nous tentons de nous attaquer, ne serait qu’une légère couche de gel que nous pourrions faire craquer d’un seul coup de haut talon à vous en croire. D’autant que <strong>ces hommes dominants ne seraient, de votre point de vue, que des « mâles potiches ».</strong> Avez-vous déjà circulé dans ces domaines où les hommes dominent : les institutions, l’entreprise, l’industrie, la politique ? Quant à ces « mâles potiches », nous irions jusqu’à les traiter « <em>d’assassins</em> » ? Quel raccourci entre le plafond de verre contre lequel nous luttons, et les féminicides que nous dénonçons aussi ! Est-ce là la rigueur scientifique qui devrait être la vôtre?</p>
<p>Dans un retournement magnifique vous faites des femmes solidaires des victimes de féminicides, des furies confondant homme et assassin. Soyez sûr que nous ne faisons pas cet amalgame. Nous travaillons en toute intelligence et bonne entente avec nombre d’hommes. Nous ne les diabolisions pas, non plus que nous n’idéalisons les femmes qui seraient venues à bout des guerres et du racisme… Si seulement…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Orage conceptuel :</strong></p>
<p>Non, le choc est trop fort pour vous : « <em>En 70 ans ont été renversées des conceptions vieilles de plus de 100 000 ans. (…) je ne pouvais plus alors faire de recherche, parce que des catégories trop mouvantes interdisent toute saisie de la réalité sociale et de son évolution ».</em> Dans ce que vous qualifiez donc « <em>d’orage conceptuel<strong> </strong></em>», vous vous raccrochez constamment aux « chasseurs-cueilleurs », le paléolithique, si je ne m’abuse, c’est-à-dire 300 000 ans en arrière.</p>
<p>Oui, vous avez entendu parler du néolithique (il n’y a que 12 000 ans), et même de l’anthropocène (apparu selon les auteurs à la fin du XIXe siècle avec la révolution industrielle ou seulement en 1945 avec la bombe atomique sur Hiroshima), censés avoir succédé au paléolithique, l’âge de pierre. Bien sûr, dans ce monde très large que vous parcourez dans vos livres, toutes les sociétés n’avancent pas au même rythme. Sans doute subsiste-t-il encore quelques tribus éloignées restées à l’âge de pierre. Mais votre attachement aux chasseurs cueilleurs, où les hommes chassent quand les femmes cueillent… (ce qui est d’ailleurs contesté actuellement, les femmes chassaient aussi) montre bien votre besoin de vous représenter en chasseur, sans doute muni d’une très grande lance, puisque vous allez jusqu’à nous préciser que vous êtes « <em>un homme, né homme</em> ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Le genre, « <em>descente aux enfers conceptuelle de l’anthropologie</em> » : </strong></p>
<p>Donnons d’abord quelques précisions  sur l’usage que nous faisons du mot genre, car vous semblez totalement perdu. « (…) <em>l’anthropologie était à la fin des années 1970 un monde scientifique normal ». </em>Puis, catastrophe : « <strong><em>L’anthropologie a été, depuis la seconde moitié des années 1980, dérangée par le genre</em></strong><em>. Tout à la fois concept et expérience, celui-ci a mis partout du désordre, semant le doute sur des données solides et sur les instruments de comparaison patiemment mis au point depuis la fin du XIXe siècle. »</em></p>
<p><em>« Nous serions toutefois alors confrontés à la dernière variation du thème transgenre, un troisième sexe capable de réunir les potentialités des deux autres</em><strong> ». </strong>Voilà donc le drame qui nous guette, si menaçant pour un chasseur <em>« homme né homme », </em>comme vous tenez à nous le préciser<em>. </em>Margaret Mead faisait d’ailleurs « <em>l’hypothèse d’une anxiété masculine spécifique liée au caractère moins évident et direct de la contribution des hommes à la reproduction »,  </em>idée que vous avait transmise votre mère alors que vous n’étiez qu’adolescent.</p>
<p>Explicitons ce que nous entendons par le mot « genre », que vous trouvez tellement laid, et qui ne vous semble qu’un cache-sexe que nous impose notre pudibonderie:</p>
<ul>
<li><strong>Le sexe </strong>est du côté du biologique, de l’anatomie.</li>
<li><strong>Le genre </strong>est une appellation qui a été proposée pour distinguer ce qui n’est pas biologique, mais est dû aux apprentissages sociaux et culturels.</li>
</ul>
<p>Comme vous avez la passion de comprendre, ne rechignez pas à lire et ne voulez surtout pas mourir idiot, nous dites-vous, je me permets de vous recommander quelque lecture sur la question du « genre », comment elle se construit dès les premiers mois de la vie, comment elle enferme les femmes dans des représentations stéréotypées et ses répercussions de la cour d’école au monde adulte. Reportez-vous à quelques-uns de nos travaux : <strong><a href="https://www.interelles.com/cest-technique-est-ce-pour-elles/les-stereotypes-cest-pas-mon-genre">https://www.interelles.com/cest-technique-est-ce-pour-elles/les-stereotypes-cest-pas-mon-genre</a>.</strong></p>
<p>Vous y apprendrez que dès le plus jeune âge, être une femme, comme nous l’avons vu au fil des années de nos travaux, c’est non seulement:</p>
<ul>
<li>adopter certaines activités,</li>
<li>le placement de la voix,</li>
<li>des gestes rétrécis,</li>
<li>les déplacements du corps dans le sport et en particulier l’inhibition sur un usage agressif du corps.</li>
</ul>
<p>En 1929, la psychanalyste<strong>  Joan Riviere</strong>  dans un article intitulé  <strong>« <em>La féminité comme mascarade</em> »</strong> racontait comment une femme à cette époque-là se devait de cacher des compétences dites masculines.</p>
<p>Et bien sachez que c’est un problème qui persiste :</p>
<ul>
<li>Il a été étudié dans les choix d’études techniques par les filles.</li>
<li>Il participe toujours au choix des études et des métiers qui seraient pour certains masculins, pour d’autres féminins.</li>
<li>Nous le rencontrons ensuite en entreprise, quand il nous faut prouver que nous sommes « encore une femme » alors que nous avons percé dans le monde des hommes, en empruntant certains de leurs codes culturels. Sinon, comment se faire entendre ?</li>
<li>Nous avons vu aussi, par exemple sur la question de la négociation salariale, comment des représentations anciennes perduraient, qui induisent que les femmes demandent moins d’augmentation de salaire que les hommes, ce qui entretient les disparités. Ces représentations sont « la femme donne la vie, l’homme la gagne ». Donc le care aux femmes, le don gratuit, aux hommes la compétence de gagner de l’argent, d’en parler, de se battre pour obtenir le salaire convoité. Ainsi, les femmes demandent moins d’augmentations de salaire, se battent moins pour les obtenir, et les disparités sont entretenues.</li>
</ul>
<p>Apprenez aussi que :</p>
<ul>
<li>les hommes aussi sont victimes de stéréotypes. Il y a encore des actions, inspirées des groupes de femmes, amenant les hommes à se dégager du poids des normes viriles : les incitations à la parentalité, et de façon émergente les groupes de parole d’hommes sur l’égalité professionnelle.</li>
</ul>
<p>Il y a une<strong> </strong>symétrie inversée<strong> </strong>entre les stéréotypes féminins et masculins :</p>
<ul>
<li>Les femmes sont maternantes,</li>
<li>les hommes sont forts, ont de l’autorité mais pas d’émotions, ils sont des leaders naturels.</li>
</ul>
<p>Notez que les hommes qui ne s’y conforment pas s’exposent à être discriminés.</p>
<ul>
<li>Pour les femmes les stéréotypes impactent la vie professionnelle,</li>
<li>pour les hommes la vie personnelle</li>
<li>et cette asymétrie maintient les inégalités dans le couple.</li>
</ul>
<p>Ce qui se passe en entreprise interfère donc en permanence avec la sphère privée et réalimente en boucle les inégalités en entreprise, qui créent le plafond de verre.</p>
<p>Le questionnement des normes masculines par les hommes, qui commence à s’ébaucher, on le voit  à travers la question de la parentalité, devient donc un enjeu fort pour les femmes. Et nous y travaillons ensembles.</p>
<p>On constate en effet que l’attention à la parentalité <strong>peut renforcer l’impact des stéréotypes</strong>, si elle est seulement proposée aux femmes et non proposée, et surtout valorisée ou adaptée pour les hommes : c’est le cas par exemple de l’annualisation du temps partiel à prendre pendant les congés scolaires appréciés par les hommes chez Orano ; les actions de sensibilisation des hommes à la parentalité chez Orange,  ou encore l’incitation à prendre le congé paternité en le rémunérant à 100% dans de plus en plus d’entreprises.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Echanger: une révolution douce…</strong></p>
<p>Un autre que vous, un homme figurez-vous, nous propose cette « révolution douce ». Il se nomme Antoine de Gabrielli et nous explique : « Le plancher de verre, c’est cette croyance que les hommes s’accomplissent exclusivement dans leur vie professionnelle. C’est l’illustration d’une norme masculine de performance qui conduit à afficher sa réussite selon des codes sociaux et professionnels convenus: toujours disponible, très présent, briguant les postes de pouvoir…</p>
<p>Ces représentations contraignent les hommes à accepter un engagement dominant et parfois exclusif dans leur vie professionnelle, au détriment, vous l’avez bien compris, du reste de leur vie. Si, en tant qu’homme, je m’autorise à sortir de ce carcan, je permets aussi aux femmes de sortir du leur.</p>
<p>L’engagement professionnel des femmes a été une chance pour le rapprochement des hommes avec leurs enfants. Les hommes commencent à sentir qu’ils vont être obligés de bouger, parce qu’ils ont opéré un rapprochement dans la relation aux enfants et que cela les rend plus sensibles à des enjeux humains ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>« <em>Rien de changé sous le soleil du masculin</em> »</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Vous enfilez donc les perles les unes après les autres pendant près de 400 pages, de « <em>l’homme au sperme dédaigné (qui) remplace maintenant la fille mère </em>», trainant sa honte et son humiliation jusqu’à la conclusion, où enfin l’ordre est rétabli : « <em>Pour penser le présent, il nous suffit d’admettre que 100 000 à 300 000 ans d’habitudes humaines ne peuvent être effacés en 70 ans, si nous plaçons en 1950 le début de la grande mutation</em> ». Voilà qui vous rassure : « <em>Une société, si elle veut progresser, peut-elle vraiment se priver du surcroît de créativité et d’intensité dans le travail engendré chez les hommes par leur incapacité à fabriquer des enfants ? </em>» Vous pouvez donc renvoyer les femmes à la maternité et l’allaitement, encombrées d’un enfant toujours pendu au mamelon, qui les rendrait pensez-vous peu disponibles pour le travail, pendant que les hommes feraient carrière !</p>
<p><strong><em>« Rien de changé sous le soleil du masculin » </em>pouvez-vous enfin conclure ! Ouf ! Vous l’avez échappé belle ! Ah, vous savez les remettre à leur place les femmes ! </strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Laurence Dejouany</strong></p>
<p style="text-align: right;"><em>Merci à Niamké-Anne Kodjo pour sa relecture</em></p><p>The post <a href="https://www.interelles.com/lu-pour-vous/cher-emmanuel-todd">Cher Emmanuel Todd</a> first appeared on <a href="https://www.interelles.com">Cercle InterL</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mon salaire, parce que je le vaux bien!</title>
		<link>https://www.interelles.com/actualite/mon-salaire-parce-que-je-le-vaux-bien-2</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Contributeur InterElles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Nov 2013 13:32:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
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		<category><![CDATA[égalité salariale]]></category>
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		<guid isPermaLink="false">http://www.interelles.com/?p=2476</guid>

					<description><![CDATA[<p class="elmt-chapeau">Nos amies d'European Women's Professional Network ont présenté ces jours-ci les résultats décoiffants du questionnaire "Women and Money" qu'elles avaient lancé en juin dans toute l'Europe, auprès de leurs membres</p>
<p>  75% d'entre elles sont insatisfaites de leur salaire, pourtant: 60% expriment des difficultés à demander des augmentations, 66% n'en demandent d'ailleurs [...]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="elmt-chapeau">Nos amies d&rsquo;<a title="Mon salaire, parce que je le vaux bien!" href="http://www.europeanpwn-paris.net/">European Women&rsquo;s Professio</a><a title="Mon salaire, parce que je le vaux bien!" href="http://www.europeanpwn-paris.net/">nal Network </a>ont présenté ces jours-ci les résultats décoiffants du questionnaire « Women and Money » qu&rsquo;elles avaient lancé en juin dans toute l&rsquo;Europe, auprès de leurs membres</p>
<p><strong> 75% d&rsquo;entre elles sont insatisfaites de leur salaire, pourtant:</strong></p>
<ul>
<li><span style="line-height: 13px;">60% expriment des difficultés à demander des augmentations,</span></li>
<li>66% n&rsquo;en demandent d&rsquo;ailleurs pas,</li>
<li>49% ne se sentent pas armées pour négocier,</li>
<li>38% ne savent pas si leur salaire est égal à celui des hommes.</li>
</ul>
<p><strong>Les françaises (27% de l&rsquo;échantillon)</strong>:</p>
<ul>
<li>51% préfèrent que leur manager reconnaisse de lui-même leurs efforts,</li>
<li>34% n&rsquo;osent pas demander,</li>
<li>9% pensent que si elles demandent les autres auront moins,</li>
<li>et 6% ne se sentent pas légitimes à demander car absentes pendant l&rsquo;année.</li>
</ul>
<p><strong>Un taux de retour de 24%, soit 823 réponses,</strong> marque pourtant l&rsquo;intérêt que les femmes portent à cette question. Pour en savoir plus sur cette étude, lire: <a href="https://www.interelles.com/wp-content/uploads/2013/11/Les_femmes_et_l_argent_Synth_se_d_tude_EPWN_Paris_4_novembre_2013.pdf">Les femmes et l&rsquo;argent- Synthèse de l&rsquo;étude EPWN Paris, 4 novembre 2013</a></p>
<p>Ces femmes disent préparer soigneusement leurs évaluations, anticiper les objections, mais ensuite ne pas arriver à demander ou à négocier de façon efficace. En cette période de l&rsquo;année propice à cette négociation, <strong>retrouvez aussi le travail fait en 2012 par InterElles et toujours d&rsquo;actualité</strong>, sous le titre <a title="Mon salaire, parce que je le vaux bien !" href="https://www.interelles.com/le-chemin-des-femmes/mon-salaire-parce-que-je-le-vaux-bien">« Mon salaire, parce que je le vaux bien! »</a> , ainsi que nos fiches pratiques <a title="Préparer sa négociation salariale" href="https://www.interelles.com/la-boite-a-outils/preparer-sa-negociation-salariale">« Préparer sa négociation salariale »</a>.</p><p>The post <a href="https://www.interelles.com/actualite/mon-salaire-parce-que-je-le-vaux-bien-2">Mon salaire, parce que je le vaux bien!</a> first appeared on <a href="https://www.interelles.com">Cercle InterL</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Courage, fuyons notre culpabilité !</title>
		<link>https://www.interelles.com/colloques-interelles/courage-fuyons-notre-culpabilite</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Contributeur InterElles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Mar 2013 01:00:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2011]]></category>
		<category><![CDATA[Colloques InterElles]]></category>
		<category><![CDATA[care]]></category>
		<category><![CDATA[culpabilité]]></category>
		<category><![CDATA[équilibre de vie]]></category>
		<category><![CDATA[stéréotypes de genre]]></category>
		<category><![CDATA[stress]]></category>
		<category><![CDATA[vidéo]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.interelles.com/?p=831</guid>

					<description><![CDATA[<p class="elmt-chapeau">
<p>Avec Laurence Dejouany, Laurence Thomazeau, Caroline Bettini, Florence Boutemy, Madeleine Bucquet, Karine Dolacinski, Christelle Gaborieau, Isabelle Genaux, Marianne Julien, Estelle Lefrançois, Agnès Le Guern, Caroline Le Mer, Karine Levenes, Dominique Maire, Marine Rabeyrin, Natalia Speranski, Martine Tulet, Katia Pinsach, Françoise Touboul, Elisabeth Valensi, Pascale Xelot-Dugat, et Jean-Benoît [...]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="tabs"><ul class="onglet-container top clearfix"><li class="onglet" data-onglet="0"><button type="button" class="btn" title="Introduction">Introduction</button></li></ul><div id="tabs-0" data-tab-content></div><ul class="onglet-container bottom clearfix"><li class="onglet" data-onglet="0"><button type="button" class="btn" title="Introduction">Introduction</button></li></ul></div>





<br />
<div id="tabs"><ul class="onglet-container top clearfix"><li class="onglet" data-onglet="0"><button type="button" class="btn" title="Introduction">Introduction</button></li><li class="onglet" data-onglet="1"><button type="button" class="btn" title="Les coupables anonymes">Les coupables anonymes</button></li><li class="onglet" data-onglet="2"><button type="button" class="btn" title="Mais coupables de quoi">Mais coupables de quoi</button></li><li class="onglet" data-onglet="3"><button type="button" class="btn" title="Coupable, vous avez dit coupables ?">Coupable, vous avez dit coupables ?</button></li><li class="onglet" data-onglet="4"><button type="button" class="btn" title="Et les hommes ?">Et les hommes ?</button></li><li class="onglet" data-onglet="5"><button type="button" class="btn" title="Ose!">Ose!</button></li></ul><div id="tabs-0" data-tab-content></p>
<p><p class="elmt-chapeau">Avec <i>Laurence Dejouany, Laurence Thomazeau, Caroline Bettini, Florence Boutemy, Madeleine Bucquet, Karine Dolacinski, Christelle Gaborieau, Isabelle Genaux, Marianne Julien, Estelle Lefrançois, Agnès Le Guern, Caroline Le Mer, Karine Levenes, Dominique Maire, Marine Rabeyrin, Natalia Speranski, Martine Tulet, Katia Pinsach, Françoise Touboul, Elisabeth Valensi, Pascale Xelot-Dugat, et Jean-Benoît Besset.</i></p></p>
<p><b>Mais non ! C&rsquo;était pour rire !</b></p>
<p>Ne fuyons pas, regardons en face notre culpabilité de femmes au travail et voyons si nous pouvons lui tordre le cou.</p>
<p>Dès que l’on s’intéresse à la question des carrières des femmes, le mot culpabilité surgit. Il nous a semblé qu’il était temps de nous emparer de ce thème et d’aller voir ce qu’il y avait derrière et comment nous pourrions nous en dégager. Nous avons travaillé en groupe et c’est le résultat de ce travail que nous avons présenté lors du Colloque annuel du Cercle InterElles qui suit.</p>
<p><a href="https://www.interelles.com/wp-content/uploads/2013/03/Delize-enceinte-je-culpabilise.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone wp-image-868" src="https://www.interelles.com/wp-content/uploads/2013/03/Delize-enceinte-je-culpabilise.jpg" alt="Delize - enceinte je culpabilise" width="450" height="319" srcset="https://www.interelles.com/wp-content/uploads/2013/03/Delize-enceinte-je-culpabilise.jpg 643w, https://www.interelles.com/wp-content/uploads/2013/03/Delize-enceinte-je-culpabilise-250x176.jpg 250w, https://www.interelles.com/wp-content/uploads/2013/03/Delize-enceinte-je-culpabilise-624x441.jpg 624w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></a></p>
<p><b> Les coupables anonymes: </b>rejoignez-les</p>
<p><strong>Mais coupables de quoi?</strong> Oui, au fait&#8230;</p>
<p><strong>Coupables, vous avez dit coupables?</strong> Ecoutez le témoignage <strong>vidéo</strong> de Sylviane Giampino, auteure de <em>Les femmes qui travaillent sont-elles coupables? </em>Toutes les femmes s&rsquo;y reconnaissent, mères ou pas.<br />
<iframe src="//www.youtube.com/embed/TJkXNWZOgBo" width="250" height="188" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Et les hommes?</strong> La culpabilité serait-elle un fait féminin? Non nous explique l&rsquo;un d&rsquo;entre eux, mais elle ne répond pas aux mêmes impératifs.</p>
<p><strong>Ose!</strong> avec Nicole Abar, 10 ans Internationale de football. Découvrez en <strong>vidéo</strong> le travail qu&rsquo;elle fait avec les jeunes enfants.<br />
<iframe src="//www.youtube.com/embed/oJo36sC1Q3k" width="250" height="188" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>Retrouvez leurs solutions dans la <strong>Boîte à outils:</strong></p>
<p><a title="Créer sa confiance" href="https://www.interelles.com/la-boite-a-outils/creer-sa-confiance">Créer sa confiance</a></p>
<p><a title="Entretenir sa confiance" href="https://www.interelles.com/la-boite-a-outils/entretenir-sa-confiance">Entretenir sa confiance</a></p>
<p><strong>Buller, c&rsquo;est travailler </strong><em><br />
<iframe src="//www.youtube.com/embed/XZTXKW7wcpk" width="250" height="188" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></em></p>
<p><b>                                                       </b></p>
<p></div>
<div id="tabs-1" data-tab-content></p>
<p><p class="elmt-chapeau">Avec <i>Madeleine Bucquet, Florence Boutemy, Christelle Gaborieau, Marianne Julien, Agnès Le Guern, Marine Rabeyrin</i></p><br />
<div class="elmt-texte-colonne"><b>        « </b><b>Bienvenue à la réunion mensuelle des coupables anonymes ! </b> »</p>
<p><b>Bonjour, je m&rsquo;appelle Solenne</b>. J’ai 30 ans. Je me sens coupable de faire suffisamment bien mon travail. J&rsquo;aimerai que les graphes de ma présentation power point soient mieux alignés, avoir répondu à tous les emails que je reçois et que mes collègues soient épanouis.  Je fais pourtant des efforts. Je me sens imparfaite, c&rsquo;est plus fort que moi. C&rsquo;est comme ça que j&rsquo;ai été élevée.  Faire de son mieux, toujours mieux. Etre parfaite et sympa.  Au travail, à la maison, en sport, avec les amis. J&rsquo;en ai marre de cette pression continuelle.</p>
<p><b>Je m&rsquo;appelle Juliette et je me sens coupable</b> quand mon manager me dit qu&rsquo;en partant à 18h tous les jours je passe à coté de discussions très importantes pour la croissance de l&rsquo;entreprise. J&rsquo;en ai marre de ces chefs qui me transmettent leur stress.</p>
<p><b>Bonjour, je m&rsquo;appelle Aurélie</b>. Mon 1er enfant à 2 ans et le 2ème est en route. Ma mère et ma belle-mère étaient femmes au foyer. Mon mari me soutient, mais cela ne suffit pas. Je ne peux pas m&#8217;empêcher de penser que,  à cause de mon travail, je ne suis pas une bonne mère et que, à cause de mes enfants, je ne suis pas une bonne professionnelle, disponible et flexible. C&rsquo;est bête, mais c&rsquo;est plus fort que moi. En plus, les jours où j’ai culpabilisé au travail je rentre stressée et je culpabilise de ne pas être disponible pour mon petit garçon si sensible. Bref, ce sentiment de culpabilité, c’est doublement l’enfer et j’ai vraiment envie de m’en débarrasser.</p>
<p><b>Je m&rsquo;appelle Edith et je me sens coupable</b> quand mon mari me dit que je vais encore rater le spectacle de fin d&rsquo;année du petit dernier à cause de mon séminaire annuel européen. J&rsquo;en ai marre de devoir justifier des mes joies professionnelles.</p>
<p><b>Je m&rsquo;appelle Caroline et je me sens coupable</b> de ne pas faire le métier dont mes parents rêvaient pour moi : médecin, avocat ou professeur d&rsquo;université. J&rsquo;en ai marre de devoir faire encore mes preuves. J&rsquo;en ai marre de pleurer parce que je n&rsquo;ai pas réussi à prendre la parole en réunion, parce que le frigo est vide et parce je n&rsquo;ai pas réussi à grimper en courant.</p>
<p><b>Je m&rsquo;appelle Joëlle. Je ne suis pas co</b>upable. Je travaille, j&rsquo;élève mes 3 enfants et participe activement à la vie de la chorale.  J&rsquo;en ai assez qu&rsquo;on me demande « mais comment tu fais pour tout mener de front ? Je vais finir par culpabiliser de ne pas me sentir coupable….</p>
<p><div class="elmt-box"><br />
Alors, si vous en avez marre d&rsquo;avoir marre, si vous êtes enfin prêtes à demander de l&rsquo;aide, « coupable anonyme » ça marche pour des milliers d&rsquo;entres nous…  pourquoi pas vous ?<br />
</div><br />
</div></p>
<p></div>
<div id="tabs-2" data-tab-content></p>
<p><p class="elmt-chapeau"> <em>Laurence Dejouany</em> </p><br />
<div class="elmt-texte-colonne"></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Mais coupables de quoi ?</strong></p>
<p>On associe généralement le sentiment de culpabilité des femmes dans le travail à la difficulté de conciliation entre vie privée et vie professionnelle. Les femmes craindraient de ne jamais donner assez d’un côté ou de l’autre. Paralysées par ce sentiment, elles n’oseraient pas s’affirmer dans l’entreprise, s’affronter à la compétition avec les hommes et faire craquer le plafond de verre.</p>
<p>Nous avons donc fait raconter à des femmes de quoi elles se sentaient coupables. Et notre surprise a été grande de constater que ce sentiment de culpabilité n’est pas forcément lié à la maternité. Des femmes non mères le ressentent fortement et inversement certaines femmes mères ne le ressentent pas.<br />
Par contre, elles doivent s’en justifier. Ce n’est pas considéré comme « normal »… Et l’on ne se prive pas de leur faire remarquer en leur demandant : « Mais comment fais-tu pour t’en sortir ? »</p>
<p><strong>1-  L’origine de la culpabilité, théorie psychanalytique</strong><br />
Après avoir fait le point sur notre sentiment de culpabilité à chacune, et ce n’était pas triste, nous avons essayé de comprendre l’origine de ce sentiment.<br />
Nous avons commencé par interroger la théorie psychanalytique. Elle nous apprend que :<br />
• La découverte de la culpabilité par le bébé est particulièrement structurante.<br />
• Elle permet peu à peu de se constituer en tant que personne, d’accéder à l’humanité,<br />
• de dépasser le statut animal dans lequel nous serions gouvernés par nos pulsions et prêts à tuer quand elles ne sont pas satisfaites. C’est un passage nécessaire dans la construction humaine.<br />
L’expérience de la culpabilité a une valeur socialisante. Elle nous amène à accepter l’existence des autres, à découvrir la compassion et la réparation. C’est la naissance de la conscience morale sans laquelle une société ne saurait vivre. Ceux qui n’éprouvent pas ce sentiment sont ceux que l’on appelle les pervers.<br />
C’est la face positive de la culpabilité.</p>
<p><div class="elmt-box">Mais ce qui est important de retenir c’est que le sentiment de culpabilité chez l’enfant est associé à<br />
• La crainte de perdre l’amour des parents<br />
• La crainte des mesures de rétorsion face à son agressivité<br />
• L’exagération de sa responsabilité à un âge où il croit que magiquement sa parole, ou même simplement son désir, peuvent provoquer la mort de l’autre ou le sauver.<br />
Ca lui donne donc beaucoup de poids. C’est lourd !</div><br />
Or il faut savoir aussi que le siège de cette conscience morale, que l’on appelle le surmoi, est en partie inconscient. Et l’inconscient a un fonctionnement assez particulier.<br />
En effet il emmagasine, archive toutes les croyances de l’enfance, les mélange, les tricote et leur garde une valeur d’actualité. La notion de temporalité n’existe pas dans l’inconscient. Ce qui s’est passé il y a 10, 20 ans peut être vivant comme si cela s’était passé hier !</p>
<p>Sauf si on fait un effort de prise de conscience pour désactiver ces liens.<br />
Donc la force inhibante de la culpabilité peut être exagérée, disproportionnée ou simplement en décalage avec la personne que nous devenons en grandissant.<br />
C’est pourquoi nous avons besoin<br />
• de l’identifier,<br />
• de la relativiser<br />
• et de réactualiser la responsabilité que nous nous attribuons.</p>
<p><strong>2-  L’explication culturelle</strong><br />
Par contre la psychanalyse ne nous parle pas de différence liée au sexe à ce sujet. Or il nous semblait qu’il y avait dans ce registre de la culpabilité un fait féminin. Mais néanmoins la psychanalyse  s’étonne que l’on rencontre les structures perverses, c&rsquo;est-à-dire n’ayant pas intégré ce passage par la notion de culpabilité et la construction d’une conscience morale, majoritairement chez les hommes et beaucoup plus rarement chez les femmes.<br />
De même, on peut constater qu’il y a beaucoup plus d’hommes dans les prisons que de femmes.<br />
On peut donc penser qu’il y a une influence importante de l’éducation et de la culture dans la construction de cette conscience morale qui va donner tout son poids à la culpabilité.<br />
Quels éléments de compréhension avons-nous à notre disposition :<br />
• A l’école, par exemple, on sait que si on veut une classe calme, on place un petit garçon à côté d’une petite fille. Les filles sont toujours plus sages !<br />
• Ici même, dans le Cercle InterElles, nous avons beaucoup évoqué déjà <a title="Codes masculins/féminins" href="https://www.interelles.com/le-chemin-des-femmes/codes-masculinsfeminins">toutes ces différences qui se construisent dans l’enfance où les groupes de jeu sont sexués</a>. Les petites filles jouent d’un côté, les petits garçons de l’autre et bien souvent dès 3 ans ! Nous avons appris que les normes de comportement qui se développent dans ces groupes sont différentes.<br />
• La littérature enfantine en rend compte aussi. La comtesse de Ségur a écrit « Les petites filles modèles » à propos des filles et « Un bon petit diable » pour parler d’un garçon. Là, quand il s’agit d’un garçon, ça peut être sympathique et toléré d’être désobéissant ! Il fait pourtant des choses bien plus horrible que l’affreuse Sophie, qui elle est le contre modèle des petites filles modèles !</p>
<p><div class="elmt-box">Oui, c’est clair qu’il y a des explications culturelles à cette spécificité et ce poids de la culpabilité féminine.</div></p>
<p>L’autre découverte surprenante, après le fait que le sentiment de culpabilité des femmes dans le travail n’était pas forcément en lien avec la maternité, nous l’avons faite parce qu’un homme était présent dans notre groupe. Il  nous a fait remarquer que nous disions tout le temps « J’ai besoin de travailler », toutes, que ce besoin soit financier ou psychologique. Un peu comme : « Je travaille, mais excusez moi, c’est parce que j’en ai besoin », et que ce soit pour exprimer que l’on ressente de la culpabilité ou non. Comme une justification que les femmes auraient encore à produire pour légitimer leur place dans le monde du travail.<br />
Et d’ailleurs celles qui ne ressentent pas de culpabilité, elles évoquent par contre parfois ce qu’elles appellent le « syndrome de l’usurpatrice », c&rsquo;est-à-dire la légitimité de leur compétence cette fois. Est-ce si différent ? La culpabilité peut aussi être inconsciente et s’avancer « masquée »…</p>
<p><div class="elmt-box">Donc derrière la question de la culpabilité, est-ce que ça ne serait pas plutôt la question de la légitimité qui se profilerait ?<br />
« Ai-je le droit d’être à cette place ? »<br />
Est-ce que la culpabilité ne serait pas l’arbre qui cache la forêt de la légitimité ?</div></p>
<p>La légitimité de notre désir à nous engager dans un autre rôle que celui que la tradition nous avait assigné. Celui d’une femme dévouée aux autres et en particulier à sa famille, serait encore culpabilisante en 2011 quand une femme s’engage dans la vie professionnelle et donc dans la recherche d’un destin singulier ?<br />
C’est si vrai que les questions des femmes non mères de notre groupe, qui ressentent de la culpabilité dans leur travail sont : est-ce que je donne suffisamment à mon employeur, à mon manager, à mes collaborateurs, à mes collègues ? Suis-je suffisamment dévouée ?</p>
<p>Nous sommes donc, de façon plus ou moins inconsciente, toujours porteuses de ces stéréotypes, d’une femme dévouée et dédiée aux autres. <a title="Le sexe de la sollicitude – Fabienne Brugère" href="https://www.interelles.com/lu-pour-vous/le-sexe-de-la-sollicitude-fabienne-brugere">« L’expérience ancestrale des femmes, normée par le souci des autres, accolée au sacrifice de soi, le piège féminin de l’abnégation de soi » décrite par Fabienne Brugère</a> serait donc toujours là en 2011! Et serait l’origine de ce sentiment que nous ressentons et nommons culpabilité.</p>
<p>Dominique Méda que certaines d’entre vous étaient allées interroger l’année dernière sur le temps des femmes, fait le constat que l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail dans les années 70, n’a pas vraiment amené à revoir le fonctionnement traditionnel de la société dans lequel<br />
• l’homme est pourvoyeur de ressources (il gagne de l’argent, mais il n’a pas le temps !)<br />
• et la femme pourvoyeuse de temps (elle ne demande pas d’augmentation de salaire, mais elle doit tout son temps aux autres !)</p>
<p>Cette arrivée massive des femmes sur le marché du travail depuis 40 ans n’a finalement pas transformé les représentations de nos différents rôles. Et ce sentiment de culpabilité vient de là : nous osons être en transgression par rapport au rôle traditionnel qui nous a été assigné. C’est là notre seul péché !</p>
<p><strong>3-  Accéder à la responsabilité</strong><br />
Comment avancer maintenant?<br />
La prise de conscience est une première étape indispensable.<br />
Le « sois parfait », lié aux injonctions parentales prises au pied de la lettre, est une grande source de culpabilité.<br />
Le sentiment de culpabilité se traduit par une dévalorisation de soi ou des autres souvent écrasante et inhibante. Elle peut être si lourde que nous chercherons à l’éviter, à la fuir et du coup à fuir notre responsabilité (oui, vous l’aviez bien compris, notre titre n’était pas un bon conseil mais un trait d’humour, car face à ce qui nous écrase mieux vaut en rire qu’en pleurer !). Et à fuir notre responsabilité on risque alors de faire d’autant plus mal à l’autre. Cette culpabilité-là, que l’on a envie de fuir, n’est pas vraiment « créatrice de valeur » au sens économique.</p>
<p>Ce qui est « créateur de valeur » c’est d’arriver à la notion de responsabilité de nos actes. Qui peut être<br />
• objectivée,<br />
• réaliste,<br />
• amenant à s’engager dans des actes mûrement pensés et réfléchis, dans leurs conséquences pour nous-mêmes et pour les autres.<br />
• A nous remettre en question aussi.</p>
<p>La notion de responsabilité est indispensable à notre fonctionnement en groupe, en société. Elle est parfois associée à un certain mal-être et il peut être inévitable. Ne nous leurrons pas. Il est la trace de notre humanité et d’un souci légitime des autres.</p>
<p>Vouloir se dégager du poids écrasant<br />
• d’une culpabilité « obsolète », car associée aux fantasmes de toute puissance de l’enfance,<br />
• se dégager d’une culpabilité « obsolète » car liée à des rôles sociaux dépassés, archaïques, celui d’une femme ou d’une mère dévouée jusqu’à l’oubli d’elle-même<br />
est vital.<br />
Mais se dégager de cette culpabilité dépassée ne veut pas dire devenir une Superwoman impitoyable, le couteau entre les dents, partant tous les matins sabre au clair tailler dans la chair de l’entreprise ! Nous pouvons garder notre humanité !</p>
<p>Et il y a un sujet qui a surgi dans les causes de culpabilité ressentie par les unes et les autres, c’est celle du licenciement. Qu’il y ait un plan social dans l’entreprise ou que l’on ait à licencier un collaborateur qui ne fait pas l’affaire. Et dans ce cas comment<br />
• ne pas se laisser écraser par une culpabilité face à un événement qui bien souvent nous dépasse<br />
• sans pour autant fuir ce qui est de l’ordre de notre responsabilité, parce que nous trouvons la situation trop lourde ?<br />
Il y a une expérience qui peut être intéressante pour nous. C’est celles des métiers de soin, traditionnellement associés aux compétences de sollicitude attribuées aux femmes. On sait maintenant que si ces personnels négligent de prendre en compte leurs propres besoins, c’est alors que les situations de maltraitance ou de violence peuvent se développer à l’égard des personnes qui sont l’objet de leurs soins. Face à ce problème les hôpitaux actuellement commencent à mettre en place des programmes de « bientraitance », par opposition à maltraitance. Que faut-il faire, quels gestes doit-on pratiquer pour mettre en place cette bientraitance ?</p>
<p>Nous pourrions réfléchir à ce concept : que serait la bientraitance dans les situations de crise sociale ? Comment pourrions-nous la développer en entreprise, mais en y associant les hommes, en n’étant pas en charge de tout, erreur qui nourrit notre culpabilité ?</p>
<p><div class="elmt-box">En conclusion, avant tout n’oublions pas : cette sollicitude, ce souci des autres sur lequel nous nous sommes construites en tant que femmes,<br />
• pouvons-nous nous l’appliquer à nous-mêmes ?<br />
• Faire preuve de générosité aussi pour nous ?<br />
• Pouvons-nous d’abord affirmer qu’exercer un tel souci : celui de l’attention et du dévouement aux autres c’est assumer la fragilité des autres, mais d’abord de nous-mêmes.<br />
• Et lever ainsi le poids de ce sentiment de culpabilité à assumer un destin individuel ?</p>
<p>Changer cela commence avec la nécessité pour nous les femmes d’apprendre à prendre soin de nous. Et prendre confiance dans notre droit à aller vers notre désir.<br />
Oui, donnons-nous ce droit !</div></p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: left;"></div></p>
<p></div>
<div id="tabs-3" data-tab-content></p>
<p><p class="elmt-chapeau"><b>Sylviane Giampino</b>, psychanalyste et psychologue pour enfants, auteure du livre « <i>Les mères qui travaillent sont-elles coupables ?</i> », a apporté son témoignage. </p></p>
<p>Quelques citations :</p>
<p>« Une mère, bonne juste assez, est à mes yeux une femme qui sait s’absenter sans lâcher son enfant, être présente à lui sans l’accaparer. Encore doit-elle savoir et accepter que, sur lui, elle ne possède ni le pouvoir de faire tout son bien, ni le pouvoir d’être à l’origine de tout son mal. Une mère supportable est une femme qui se sent humaine, c’est-à-dire limitée. »</p>
<p>« Cette obsession du temps est comme une obsession du don. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Regardez le témoignage de Sylviane Giampino :</strong></p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/TJkXNWZOgBo?rel=0" width="640" height="480" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p></div>
<div id="tabs-4" data-tab-content></p>
<p><p class="elmt-chapeau"><b>Témoignage de Jean-Benoît Besset</b></p></p>
<p><div class="elmt-texte-colonne"></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Est-ce que la culpabilité est un fait exclusivement féminin ? </strong></p>
<p>Je ne le pense pas.</p>
<p>En partageant avec les femmes de l’atelier je me suis vite rendu compte que je me suis retrouvé dans des situations similaires à celles qu’elles décrivaient :</p>
<p>&#8211;       ne pas se satisfaire du temps consacré aux enfants comme du temps consacré au travail,</p>
<p>&#8211;       ne pas se satisfaire de la qualité du travail rendu, toujours vouloir faire plus</p>
<p>Moi aussi j’étais écartelé entre les temps, les rythmes de ce que l’on appelle la vie professionnelle et de ce que l’on appelle la vie personnelle.</p>
<p>Il m’est apparu que la culpabilité pourrait essentiellement provenir de l&rsquo;incohérence entre l&rsquo;image sociale que l’on a de soi et ses propres aspirations.</p>
<p>Et ce point ne me semble pas spécifiquement féminin bien que les modes d&rsquo;expression soient différents sans doute.</p>
<p>Je vous donne un aperçu de ma situation personnelle pour mieux éclairer cette logique de tensions qui génère la culpabilité mais avec un mode d’expression différent de celui qu’avaient exposé les femmes de l’atelier :</p>
<p>&#8211;       j’ai fait une grande école d&rsquo;ingénieur, je suis donc entré dans un modèle, d’aucuns diraient un moule, où la performance, la réussite sont des valeurs cardinales</p>
<p>&#8211;       il en découle une certaine responsabilité, obligation de réussir que je me suis collé, autant qu’on me l’a collée.</p>
<p><a href="https://www.interelles.com/wp-content/uploads/2013/03/Delize-culpabilité-enfant.jpg"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-869" src="https://www.interelles.com/wp-content/uploads/2013/03/Delize-culpabilité-enfant.jpg" alt="Delize - culpabilité enfant" width="515" height="363" srcset="https://www.interelles.com/wp-content/uploads/2013/03/Delize-culpabilité-enfant.jpg 644w, https://www.interelles.com/wp-content/uploads/2013/03/Delize-culpabilité-enfant-250x176.jpg 250w, https://www.interelles.com/wp-content/uploads/2013/03/Delize-culpabilité-enfant-624x439.jpg 624w" sizes="(max-width: 515px) 100vw, 515px" /></a></p>
<p>Avec cette responsabilité, en bon homme de Cro-Magnon chasseur, je me devais de ramener toujours plus de mammouths au foyer pour que ma petite famille soit à l’abri du besoin comme il convient à la famille d’un ingénieur d’une grande école.</p>
<p><div class="elmt-box">Mais moi j’avais aussi envie de passer du temps avec ma famille, mes enfants. Temps qui serait forcément pris au temps que j’aurais pu consacrer à pister le mammouth en progressant dans la hiérarchie de l’entreprise.</div></p>
<p>Sur un mode d’expression différent de celui exprimé par les femmes de l’Atelier, moi aussi j’éprouvais un fort sentiment de culpabilité. Moi aussi tous les soirs je trouvais que je partais trop tôt du bureau et que j’arrivais trop tard à la maison. Pendant des années j’ai couru dans les couloirs du métro pour tenter de rattraper le temps que je pensais perdu pour l’entreprise ou la famille.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Comment ai-je modifié ma façon d’agir et de penser pour limiter le sentiment de culpabilité ?</strong></p>
<p> Personnellement j&rsquo;ai eu la chance de bénéficier des conseils d&rsquo;un coach, proposé par mon entreprise, qui m&rsquo;a ouvert les yeux sur cette tension entre aspirations professionnelles et personnelles.</p>
<p>J’ai retenu des échanges avec lui que l’essentiel est d’être cohérent. Cohérent dans son mode de vie par rapport à ses aspirations profondes, cohérent dans ses aspirations entre elles.</p>
<p>Par exemple il me paraît maintenant incohérent de vouloir à la fois consacrer toute son énergie et son temps à sa famille comme si le travail n’existait pas, et en même temps consacrer toute son énergie au travail, pour devenir membre du comité de direction de son entreprise par exemple, comme si la famille n’existait pas. Il me paraît incohérent de vouloir être le meilleur dans les deux domaines comme si l’autre n’existait pas.</p>
<p>Je regarde maintenant ma vie comme une, je ne considère plus avoir deux vies, une professionnelle et une privée mais une seule, avec différentes facettes que je dois concilier, consciemment.</p>
<p><div class="elmt-box">Pendant longtemps je n’ai pas compris cette nécessaire cohérence, cette nécessaire conciliation et j’ai donc subi un fort sentiment de culpabilité.</div></p>
<p>Prendre conscience de l’incohérence, faire un choix qui permette de concilier les différentes facettes de ma vie, mode de conciliation qui a et va encore évoluer au cours de ma vie, assumer ce choix et le vivre, a certainement été pour moi un excellent moyen de déculpabilisation. Même si évidemment je ne suis pas exactement parvenu à la complète conciliation et la complète déculpabilisation. J’ai encore du travail à accomplir.</p>
<p></div></p>
<p></div>
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<p class="elmt-chapeau">Avec Nicole Abar dont le parcours, l’expérience nous ont fascinées, une vie qui est une ode à la confiance, Nicole Abar, 10 ans Internationale de football.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nicole Abar nous a raconté comment elle a construit son chemin en s’affranchissant des assignations « femme », « arabe », qui se dressaient devant elle. Elle nous a raconté aussi comment elle a monté des programmes d’initiation au sport en mixité pour les enfants, pour que les filles fassent l’expérience de la puissance au féminin. Comment articuler cette dualité fragilité-puissance pour construire son chemin.</p>
<p>Découvrez dans la vidéo « Passe la balle ! » ses activités d&rsquo;initiation à la mixité avec des enfants:</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/oJo36sC1Q3k?rel=0" width="640" height="480" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>Pour en savoir plus sur le parcours de Nicole Abar, lisez l&rsquo;article très documenté de Marie Donzel  <a href="http://www.eveleblog.com/approfondir/nicole-abar-la-femme-qui-fait-de-legalite-un-sport-pour-tous/">http://www.eveleblog.com/approfondir/nicole-abar-la-femme-qui-fait-de-legalite-un-sport-pour-tous/</a><br />
</div><ul class="onglet-container bottom clearfix"><li class="onglet" data-onglet="0"><button type="button" class="btn" title="Introduction">Introduction</button></li><li class="onglet" data-onglet="1"><button type="button" class="btn" title="Les coupables anonymes">Les coupables anonymes</button></li><li class="onglet" data-onglet="2"><button type="button" class="btn" title="Mais coupables de quoi">Mais coupables de quoi</button></li><li class="onglet" data-onglet="3"><button type="button" class="btn" title="Coupable, vous avez dit coupables ?">Coupable, vous avez dit coupables ?</button></li><li class="onglet" data-onglet="4"><button type="button" class="btn" title="Et les hommes ?">Et les hommes ?</button></li><li class="onglet" data-onglet="5"><button type="button" class="btn" title="Ose!">Ose!</button></li></ul></div></p>
<p><strong> </strong></p><p>The post <a href="https://www.interelles.com/colloques-interelles/courage-fuyons-notre-culpabilite">Courage, fuyons notre culpabilité !</a> first appeared on <a href="https://www.interelles.com">Cercle InterL</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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