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	<title>2003 | Cercle InterL</title>
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	<description>Un réseau de réseaux de femmes et d&#039;hommes d&#039;entreprises engagées pour la mixité</description>
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		<title>COLLOQUE 2003 : Les stratégies de carrière des femmes ingénieures</title>
		<link>https://www.interelles.com/colloques-interelles/les-strategies-de-carriere-des-femmes-ingenieures</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Samuel Avantmidi]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Mar 2013 08:03:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2003]]></category>
		<category><![CDATA[Colloques InterElles]]></category>
		<category><![CDATA[carrière]]></category>
		<category><![CDATA[équilibre de vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160;  </p>
<p class="elmt-chapeau">Sophie Pochic Sociologue, chargée de recherche au CNRS Conférence prononcée à l’occasion du 2ème Colloque INTERELLES du 7 mars 2003 </p>
<p> On m’a demandé de vous parler de parcours de carrière au féminin et masculin, comment comprendre les différences ? On peut [...]</p>
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<p>&nbsp;</p>








<p><div id="tabs"><ul class="onglet-container top clearfix"><li class="onglet" data-onglet="0"><button type="button" class="btn" title="Carrières au féminin et au masculin">Carrières au féminin et au masculin</button></li><li class="onglet" data-onglet="1"><button type="button" class="btn" title="La fée du logis">La fée du logis</button></li><li class="onglet" data-onglet="2"><button type="button" class="btn" title="Moins inégalitaire mais pas égal">Moins inégalitaire mais pas égal</button></li><li class="onglet" data-onglet="3"><button type="button" class="btn" title="La femme seule et le prince charmant">La femme seule et le prince charmant</button></li><li class="onglet" data-onglet="4"><button type="button" class="btn" title="Bloquer sa carrière">Bloquer sa carrière</button></li><li class="onglet" data-onglet="5"><button type="button" class="btn" title="Tenter un nouveau rapport au temps">Tenter un nouveau rapport au temps</button></li><li class="onglet" data-onglet="6"><button type="button" class="btn" title="Déléguer, alterner, négocier">Déléguer, alterner, négocier</button></li><li class="onglet" data-onglet="7"><button type="button" class="btn" title="Plafond de verre et ciel de plomb">Plafond de verre et ciel de plomb</button></li></ul><div id="tabs-0" data-tab-content></p>
<p><p class="elmt-chapeau"><strong>Sophie Pochic<br />
Sociologue, chargée de recherche au CNRS<br />
Conférence prononcée à l’occasion du 2ème Colloque INTERELLES du 7 mars 2003 </strong></p><br />
On m’a demandé de vous parler de parcours de carrière au féminin et masculin, comment comprendre les différences ? On peut dire qu’il n’y a maintenant plus vraiment d’espace réservé aux hommes en entreprise. Cependant, dans le monde des ingénieurs et des cadres techniques, particulièrement dans le monde industriel et technologique, les femmes demeurent encore minoritaires et celles qui sont cadres dirigeantes, vous le savez restent encore des exceptions.</p>
<p>Mais il y a un changement, c’est que les entreprises considèrent désormais important de développer la mixité et l’accès des femmes aux postes de dirigeants. Parce que c’est à la fois un facteur de légitimité auprès de l’opinion et puis cela peut aussi être un facteur complémentaire de compétition et d’émulation pour les hommes, que les femmes désormais puissent les mettre en concurrence.</p>
<p>Pour comprendre les carrières au féminin et au masculin, les sociologues ont démontré quelque chose qui peut vous paraître évident, c’est qu’on ne peut pas penser la carrière sans la relier à la vie privée, sans regarder comment une femme articule vie professionnelle et familiale. Donc la question de la conciliation des deux pans de sa vie privée et professionnelle n’est pertinente que pour les femmes. On pose très rarement la question de la conciliation quand on analyse les carrières des hommes.</p>
<p></div>
<div id="tabs-1" data-tab-content><br />
Ce qui est invisible pour les hommes et qui facilite leur carrière, c’est souvent la mobilisation familiale notamment celle de leur épouse, qui leur permet d’être disponible et souvent mobiles. Quand on leur pose la question de qui prend en charge les à-côtés de leur carrière et la gestion de leurs enfants, cela va de soi que c’est leur femme; et même, le nombre de tâches domestiques que cela nécessite leur est finalement assez inconnu. C’est à dire que le travail domestique pour eux, est assez invisible.</p>
<p>Leur épouse est une fée du logis qui organise les à-côtés de leur carrière, qui se met au service de la réussite de son mari. On sait aussi qu’une femme au foyer, pour un cadre dirigeant, cela permet parfois aussi d’avoir une meilleure gestion de son réseau et de son capital relationnel, un capital de présentation; cela avait été notamment montré par une étude américaine, qui montrait tout le travail de relationnel réalisé par une épouse d’un cadre dirigeant.</p>
<p>Mais, il se développe de plus en plus des couples à double carrière. Et dans les jeunes générations, on en a parlé tout à l’heure, des hommes cadres peuvent être considérés comme des compagnons et non pas des chefs de famille, qui participent au ménage, ont envie d’être des papas plus présents et plus disponibles, ont envie d’être dans des couples plus égalitaires.</p>
<p></div>
<div id="tabs-2" data-tab-content></p>
<p>Quand on fait des entretiens avec ces personnes pour demander qui fait quoi, on se rend compte que quand même, le partage, est moins inégalitaire… mais tout de même pas égal. De la même manière que le salaire d’une femme est souvent considéré comme celui d’appoint, dans un ménage la participation de l’homme aux tâches domestiques est considérée souvent comme une participation d’appoint. Quand on demande à monsieur ce qu’il fait, il dit : « je participe, je l’aide ». C’est à dire que ce n’est pas lui qui prend en charge la gestion du domestique, il la soulage.</p>
<p>Mais sa femme demeure finalement la chef d’orchestre de cette petite entreprise qu’est la famille. Ce ne sont pas eux surtout qui ont la « charge mentale » de l’articulation vie professionnelle, vie familiale. Pour vous donner un exemple précis, ce ne sont pas obligatoirement eux qui au milieu d’une réunion vont se demander : qu’est ce qu’il faut faire à manger ce soir, est-ce qu’ils ont bien réservé la baby-sitter pour samedi et s’il faut s’arrêter, qui va emmener leur enfant chez le pédiatre ?</p>
<p>Donc, dans les jeunes générations, on le sait quand on interroge les jeunes hommes, ils revendiquent des horaires de travail plus normaux. Parfois ils résistent aussi à la mobilité géographique qui serait difficile à négocier avec leurs conjointes elles-mêmes actives. C’est fondé sur la volonté d’être des papas plus présents, parfois aussi sur la volonté de ne pas mettre en péril leur propre couple, parce que leurs compagnes sont désormais plus exigeantes en termes de présence.</p>
<p>Cependant cette demande est rarement entendue par les entreprises quand elle est énoncée par un homme. Pour penser la carrière au féminin, il faut se poser cette question : comment gèrent-elles cette difficile articulation du travail et de la vie privée et comment gèrent-elles ce dilemme d’être une femme et de faire carrière en même temps ?</p>
<p></div>
<div id="tabs-3" data-tab-content></p>
<p>Plusieurs stratégies s’offrent aux femmes. La première stratégie, vu la difficulté de gérer carrière et vie familiale, c’est de différer, voire éventuellement de renoncer aux naissances. Ca, on peut le voir notamment au niveau statistique, il y a plus de femmes cadres qui vivent en solo, c’est à dire qui sont, soit célibataires, soit avec des enfants sans être en couple. Parmi les ingénieurs de 35 à 44 ans par exemple, 19 % des femmes sont célibataires contre simplement 9 % des hommes.</p>
<p>Ce sont les statistiques qui montrent que les « célibattantes » comme le dit le nom, ce sont surtout des femmes. Il y a un ouvrage, écrit par Jean-Claude Kaufmann sur la femme seule et le prince charmant, qui essaye de comprendre le célibat féminin. Il l’explique souvent en disant que les femmes se sont d’abord consacrées à leur carrière, puis ont voulu construire une vie familiale. Mais parfois c’est trop tardif, ce cap est raté pour avoir des enfants.</p>
<p>Quand on fait des entretiens auprès de femmes cadres seules, on se rend compte que ce n’est pas obligatoirement une stratégie de vivre seule. La vie en solo, cela s’explique aussi parfois parce que son couple n’a pas résisté à son implication dans la carrière. Parfois aussi parce qu’un homme plutôt traditionnel, un chef de famille, n’a peut-être pas obligatoirement eu envie d’attendre cette femme qui n’était pas très disponible, qui était toujours à l’extérieur ou en déplacement. C’est une première possibilité.</p>
<p>Dans les histoires de vie, on rencontre aussi des femmes qui, vu leur implication dans leur carrière ont finalement progressivement eu envie d’avoir une plus grande autonomie et de construire un couple avec un homme qui écoutait mieux leur demande d’autonomie et ont éventuellement changé de partenaire.</p>
<p></div>
<div id="tabs-4" data-tab-content></p>
<p>Une autre stratégie pour gérer carrière et vie familiale, ça peut être aussi parce qu’on se rend compte progressivement que c’est difficile, c’est d’essayer de trouver des métiers moins prenants en temps, dont les horaires sont plus malléables, où finalement on peut compter son temps et mieux l’articuler avec sa vie familiale. Donc si on regarde les trajectoires de normaliennes scientifiques, par exemple au moment de l’orientation de leur métier à la sortie de Normale, certaines choisissent la recherche, l’enseignement, tout simplement avec cette idée que ce sont des métiers où la conciliation est plus facile. Elles vont éventuellement ne pas choisir les métiers dans l’industrie où elles se rendent compte que la conciliation va être peut-être plus difficile.</p>
<p>On peut aussi bifurquer en cours de carrière, avoir des mobilités horizontales, choisir des postes d’expert, de cadre fonctionnel où il est plus facile de gérer son temps, contrairement à d’autres postes, notamment en terme d’encadrement hiérarchique qui sont plus chronophages, où il est beaucoup plus difficile de contrôler cette aspiration à la disponibilité totale dans ce métier.</p>
<p>Enfin aussi, on peut se fixer une barrière, une échelle de réussite professionnelle au-delà de laquelle on ne veut pas ou surtout on sait qu’on ne peut plus aller. Par exemple, on peut refuser une promotion. Parce que l’on sait que cela va être difficile à gérer, notamment en terme de déplacement ou en terme de mobilité géographique à l’international. Par contre, quand on interroge ces femmes en fin de carrière, parfois ce choix, qui n’en est pas un, elles le regrettent, considérant qu’elles ont été dans une carrière un peu bloquée et qu’elles ont ainsi un peu raté le pas d’une carrière brillante.</p>
<p></div>
<div id="tabs-5" data-tab-content></p>
<p>La troisième possibilité, on l’a évoquée ce matin, ça peut être de prendre un temps partiel, notamment le mercredi. C’est une possibilité qui est très développée pour les femmes qui ont deux ou trois enfants. Cependant, ce choix du temps partiel, comme l’encadrement est encore pour le moment plus masculin, est souvent interprété comme un certain renoncement à faire carrière, même si progressivement les femmes cadres revendiquent un nouveau rapport au temps et essayent de revendiquer, surtout à travers le temps partiel, une durée de travail normale qui permettrait d’avoir une vie personnelle à côté.</p>
<p>Mais parfois le choix du temps partiel, dans un certain poste, une fois que l’on a réussi à le faire bien accepter par sa hiérarchie, à mettre en place une organisation de travail cohérente avec son équipe, peut être un frein à la mobilité. Parce qu’on se dit : est-ce que si on accepte une promotion ou une mobilité, on arrivera à réorganiser son temps partiel, est-ce que cela sera accepté ?</p>
<p>Mais ce n’est pas la seule stratégie possible on peut aussi faire une carrière en discontinu, notamment en faisant des enfants jeunes et en s’investissant dans sa carrière une fois que les enfants sont autonomes. C’est un modèle de carrière que l’on rencontre notamment beaucoup chez les cadres quinquas, qui ont géré leur carrière en deux temps, en termes de cycles de vie. Un premier temps, où l’on se consacre un peu plus à sa vie personnelle, et un deuxième temps où l’on s’investit beaucoup plus dans la recherche de la réussite professionnelle.</p>
<p></div>
<div id="tabs-6" data-tab-content></p>
<p>Une autre possibilité, c’est d’organiser sa vie domestique de manière à pouvoir complètement déléguer les tâches domestiques, notamment à des services marchands, une femme de ménage, une baby-sitter, une bonne. Ce modèle de stratégie, par contre, demande un certain niveau de vie et se rencontre souvent dans des couples à double carrière.</p>
<p>Etre mariée à un ingénieur de la même école, ayant un peu le même style de carrière, facilite cette gestion de la carrière à deux. Parfois avec des stratégies de carrières alternées, dans le sens où l’on s’arrange. On fait des compromis pour que suivant les moments de la vie, l’un mette sa carrière peut-être un peu plus en veille par rapport à l’autre et que l’on alterne les moments de prise de responsabilité.</p>
<p>Cependant, la gestion de la carrière à deux risque de rencontrer certains tiraillements, notamment par rapport aux promotions nécessitant une mobilité géographique. Parce que se pose la question de : qui part, qui accepte de suivre l’autre? Souvent, dans ces couples, on se rend compte qu’il y a des négociations conjugales qui font que des compromis de coexistence sont réalisés. Et parfois c’est plus facile quand on est engagé dans la même entreprise et qu’on peut négocier des mutations à deux.</p>
<p>Une autre stratégie, c’est qu’il est plus facile de faire carrière tout simplement quand on n’est pas marié à quelqu’un de carriériste. Soit parce qu’il est dans des professions moins qualifiées du privé, soit parce qu’il est dans certaines professions du public qui permettent une meilleure disponibilité temporelle et géographique. Par exemple un enseignant, un chercheur, une profession libérale qui peut choisir son lieu de vie professionnelle. C’est rare, puisque les couples où madame gagne plus que monsieur restent des exceptions et ne sont pas toujours faciles à assumer dans le regard social de sa famille, de ses propres parents, de ses amis et parfois même de son conjoint et de soi-même.</p>
<p></div>
<div id="tabs-7" data-tab-content></p>
<p>En conclusion, je voulais vous dire que malgré la volonté affichée des entreprises de développer la mixité au niveau cadres supérieurs et dirigeants, les femmes ingénieures suivent quand même en moyenne des parcours de carrière moins élevés que les hommes, se heurtent à un plafond de verre, c’est l’expression des américaines. Vu que cela fait environ vingt ans que l’on dénonce le plafond de verre, on pourrait dire que c’est un ciel de plomb. Parce qu’on le connaît toutes et le fait de le dénoncer ne le fait pas disparaître. On en est toutes conscientes, mais on n’arrive pas à le dépasser.</p>
<p>Donc on pourrait peut-être réfléchir sur le changement des critères de sélection des cadres à haut potentiel, futurs cadres dirigeants, qui ne sont pas neutres par rapport aux différences masculin-féminin. Tout d’abord, le critère de la capacité à la mobilité géographique, notamment à l’international est un critère qui est plus difficile à négocier quand on est une femme dans un couple à double carrière. De la même manière, une des compétences managériales considérée comme essentielle, c’est la disponibilité, notamment temporelle. Il faudrait arriver à convaincre que quand on est bien organisé, on peut faire le même travail en un peu moins de temps et qu’on n’a pas forcément besoin de présentéisme pour être un bon cadre dirigeant.</p>
<p>Dernier élément, puisque les cadres deviennent de plus en plus des femmes, que les hommes cadres sont de plus en plus mariés à des femmes cadres qui veulent également faire carrière : ces politiques de gestion des ressources humaines devraient prendre en compte cette négociation conjugale des projets professionnels et des carrières, et de ces compromis de coexistence que l’on est obligé de faire.</p>
<p>Pour l’instant encore, la conciliation en général dans un couple à double carrière, c’est souvent la femme qui progressivement met sa carrière un peu en veilleuse. Mais si nous continuons à faire pression, peut-être que nos compagnons vont également être obligés de changer.</p>
<p></div><ul class="onglet-container bottom clearfix"><li class="onglet" data-onglet="0"><button type="button" class="btn" title="Carrières au féminin et au masculin">Carrières au féminin et au masculin</button></li><li class="onglet" data-onglet="1"><button type="button" class="btn" title="La fée du logis">La fée du logis</button></li><li class="onglet" data-onglet="2"><button type="button" class="btn" title="Moins inégalitaire mais pas égal">Moins inégalitaire mais pas égal</button></li><li class="onglet" data-onglet="3"><button type="button" class="btn" title="La femme seule et le prince charmant">La femme seule et le prince charmant</button></li><li class="onglet" data-onglet="4"><button type="button" class="btn" title="Bloquer sa carrière">Bloquer sa carrière</button></li><li class="onglet" data-onglet="5"><button type="button" class="btn" title="Tenter un nouveau rapport au temps">Tenter un nouveau rapport au temps</button></li><li class="onglet" data-onglet="6"><button type="button" class="btn" title="Déléguer, alterner, négocier">Déléguer, alterner, négocier</button></li><li class="onglet" data-onglet="7"><button type="button" class="btn" title="Plafond de verre et ciel de plomb">Plafond de verre et ciel de plomb</button></li></ul></div><br />
<strong><br />
</strong></p><p>The post <a href="https://www.interelles.com/colloques-interelles/les-strategies-de-carriere-des-femmes-ingenieures">COLLOQUE 2003 : Les stratégies de carrière des femmes ingénieures</a> first appeared on <a href="https://www.interelles.com">Cercle InterL</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Colloque 2003 :   Intelligence sensible et innovation</title>
		<link>https://www.interelles.com/colloques-interelles/intelligence-sensible-et-innovation</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Samuel Avantmidi]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Mar 2013 08:00:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2003]]></category>
		<category><![CDATA[Colloques InterElles]]></category>
		<category><![CDATA[émotion]]></category>
		<category><![CDATA[innovation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p class="elmt-chapeau">Christine Cayol Colloque InterElles 8 mars 2003 Philosophe, fondatrice de Synthesis, auteure de « Intelligence sensible, Picasso, Shakespeare, Hitchcock au secours de l’économie », 2003- Pearson Education France.</p>
<p>  Dans un monde dominé par une certaine forme de raison, de rationalité, de mise sous [...]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="tabs"><ul class="onglet-container top clearfix"><li class="onglet" data-onglet="0"><button type="button" class="btn" title="La sensibilité">La sensibilité</button></li><li class="onglet" data-onglet="1"><button type="button" class="btn" title="L'âge de raison">L'âge de raison</button></li><li class="onglet" data-onglet="3"><button type="button" class="btn" title="La sensibilité">La sensibilité</button></li><li class="onglet" data-onglet="4"><button type="button" class="btn" title="Penser de tout son corps">Penser de tout son corps</button></li><li class="onglet" data-onglet="5"><button type="button" class="btn" title="Se laisser impressionner">Se laisser impressionner</button></li><li class="onglet" data-onglet="6"><button type="button" class="btn" title="L’imprévisible nouveauté">L’imprévisible nouveauté</button></li><li class="onglet" data-onglet="7"><button type="button" class="btn" title="Le soleil dans le ventre">Le soleil dans le ventre</button></li><li class="onglet" data-onglet="8"><button type="button" class="btn" title="Chercher la lumière">Chercher la lumière</button></li><li class="onglet" data-onglet="9"><button type="button" class="btn" title="Voir des choses inouïes">Voir des choses inouïes</button></li><li class="onglet" data-onglet="10"><button type="button" class="btn" title="Poursuivre sa route">Poursuivre sa route</button></li><li class="onglet" data-onglet="11"><button type="button" class="btn" title="L’esprit de la poésie">L’esprit de la poésie</button></li></ul><div id="tabs-0" data-tab-content></div>
<div id="tabs-1" data-tab-content></div>
<div id="tabs-3" data-tab-content><br />
<p class="elmt-chapeau"><strong>Christine Cayol<br />
Colloque InterElles 8 mars 2003<br />
<em>Philosophe, fondatrice de Synthesis, auteure de « Intelligence sensible, Picasso, Shakespeare, Hitchcock au secours de l’économie », 2003- Pearson Education France.</em></strong></p></p>
<p><br />
Dans un monde dominé par une certaine forme de raison, de rationalité, de mise sous équation, de mise sous tableau, de mise sous quantification; dans un monde où par principe nous posons des modèles et où nous commençons d’abord par étouffer notre sensibilité depuis le plus jeune âge, homme ou femme, il est peut-être intéressant et je crois précieux, de se demander : qu’est ce que ça veut dire la sensibilité ?</p>
<p>La sensibilité a trait à ce que je vais appeler de manière symbolique le « féminin », sachant qu’il y a des hommes qui ont une sensibilité parfois non pas plus grande, mais plus exprimée, plus travaillée, plus aiguisée que certaines femmes qui l’ont parfois étouffée depuis toute petite. Et qu’est-ce c’est que cette sensibilité, qu’est-ce que c’est que cette intelligence sensible, qu’est-ce qui fait que l’on en ait besoin aujourd’hui ? Pourquoi en a-t-on besoin dans une dynamique d’innovation ?</p>
<p></div>
<div id="tabs-4" data-tab-content><br />
Innover, c’est sentir. Je ne connais ni un scientifique, ni un acteur, ni un créateur, ni un artiste qui commencerait de manière purement analytique, intellectuelle à dire : il faut innover et on va innover. « Il faut penser de tout son corps » disait Mallarmé. Nous aurions tout intérêt à aller du côté des poètes, du côté des arts, parce que c’est dans les arts et la culture que s’exprime ce « féminin », cet esprit féminin et cet esprit sensible. Pour innover, il faut pouvoir accueillir le nouveau. On ne le trouve pas comme ça parce que l’on décide de le trouver. Il n’y a pas d’école pour apprendre à développer sa sensibilité et nous avons même, c’est le problème, désappris à le faire.</p>
<p></div>
<div id="tabs-5" data-tab-content><br />
Or, il s’agit de se laisser toucher, il s’agit d’être sensible, au sens non pas de la sensiblerie, de l’émotivité, mais au sens photographique du terme. C’est à dire être capable de se laisser impressionner au sens photographique, être capable de garder ce temps que j’appelle le temps de la réception.</p>
<p>Et le « féminin », l’esprit féminin, celui de l’intelligence sensible c’est ce temps que l’on sacrifie. Il faut aller vite, il faut tout de suite maîtriser, dominer, tenir ! Et quoi de mieux que des tableaux, des équations, des projets pour éviter ce temps où vous êtes en face d’un projet, d’une idée ? Au lieu de dire tout de suite ce que vous en pensez, ce que vous allez en faire, gardez ce moment d’accueil. L’intelligence sensible, c’est celle qui commence par accueillir et non pas par modéliser.</p>
<p></div>
<div id="tabs-6" data-tab-content><br />
Georges Braque se baladait un jour en Avignon. Il est peintre, il est préoccupé. Comme vous l’êtes vous par vos métiers, vos compétences, où l’on doit aller, qu’est ce que l’on doit faire et l’argent à gagner etc. Il est préoccupé, mais cela ne l’empêche pas de se promener. De rentrer dans une boutique qui n’a a priori rien à voir avec son travail. C’est une boutique de femmes, de papiers peints. Et il tombe lui, sur un papier peint, cela ne le concerne pas a priori. Et il tombe amoureux de ce papier peint. Il se dit : je ne sais pas encore ce que je vais en faire, mais je l’achète. Voyez la posture : j’accueille.</p>
<p>Il rentre chez lui, c’est à dire à l’atelier. L’atelier c’est le lieu de la production, c’est le lieu à la fois de la recherche, du test et de la réalisation. Et là il met sur une feuille de Canson blanche ce papier peint qui imitait le faux bois. Il regarde. Il prend un peu de recul et il se dit : on va voir ce que cela donne. Car vous n’innovez que lorsque vous vous dites : on va voir ce que cela va donner. On ne peut pas prévoir.</p>
<p>Tout ce qui arrive de pire comme de meilleur n’a jamais été prévu. La vie, c’est le mouvement de l’imprévisible nouveauté. Il faut en fait être capable, et la sensibilité est là pour ça, d’aimer cette imprévisible nouveauté. Donc il regarde et il se dit : mais c’est génial ce truc, ça donne quelque chose ! Il appelle Picasso et lui dit : viens voir ! Picasso fonce sur l’invention. C’est ce qui deviendra du « papier collé ». Tout le monde va s’en inspirer, tout le monde va se mettre à faire des collages et du papier collé, à la manière de Picasso et de Braque.</p>
<p></div>
<div id="tabs-7" data-tab-content><br />
Henri Matisse va à Tahiti. Pour une raison très simple : il y va pour travailler sa sensibilité. C’est un homme assez mûr qui est reconnu. Pourtant il se dit : je connais la lumière d’Ajaccio, je connais la lumière de la Bretagne, je connais la lumière de Collioure, je connais la lumière de Nice, mais il y a une lumière qui m’est encore totalement étrangère. A la rencontre de laquelle je vais aller. Ca va me prendre du temps, ça va me coûter de l’argent, ça va me demander des efforts &#8211; d’ailleurs Matisse à Tahiti est malheureux- mais cette lumière-là, il faut que j’aille la voir. Il faut que j’aille la recevoir. Il faut que j’aille à sa rencontre. Il faut que je la ramène en moi. Picasso dira d’ailleurs de Matisse qu’il a un soleil dans le ventre.</p>
<p>Ce soleil il est allé le chercher. Il l’a accueilli. Il lui a donné naissance. Car c’est bien cela la sensibilité, c’est comment je vais accueillir et laisser se déposer en moi du sensible pour que ça donne naissance à quelque chose. Cela a donc évidemment part avec l’innovation, c’est à dire avec la fécondité. Comment donner quelque chose de nouveau, comment créer quelque chose de nouveau ?</p>
<p>Evidemment ce n’est pas facile. Mais quoique l’on fasse, à n’importe quel niveau, dans n’importe quel métier, n’importe quelle entreprise, c’est ce qui doit nous intéresser. Parce que c’est le mouvement même de la vie. Et cette intelligence sensible qui commence par accueillir, il faut la cultiver. Il faut travailler son regard, il faut travailler sa présence sensible, son corps, il faut travailler son écoute.</p>
<p></div>
<div id="tabs-8" data-tab-content><br />
Comment ? Il n’y a pas d’outil pour cela. On peut en parler, c’est à la fois plus simple, plus disponible et plus exigeant. Mais cela se travaille. Les peintres, les musiciens, et ces personnes des arts et des lettres dont on dit d’ailleurs, hommes ou femmes, qu’ils sont très féminins, je constate qu’ils travaillent leur regard. Ils vont chercher la lumière et puis ils sont attentifs.</p>
<p>Toute invention part de l’attention que je consacre au réel, aux autres, au monde. On va trop vite, on y est obligé, et en même temps à un certain moment on est aussi absolument obligé d’être concentré sur ce que l’on fait. La concentration est la clef de l’efficacité et de l’innovation. Attentif ! L’invention et la réussite partent de l’attention, et l’attention c’est quoi : c’est l’attention aux détails.</p>
<p>Le sensible se travaille exactement comme quelqu’un qui en œnologie va être de plus en plus sensible à différentes saveurs, à différents parfums et va pouvoir distinguer que ce vin-là n’est pas celui-là qui n’a rien à voir, alors que moi je suis incapable de le voir. Soyons des œnologues de l’action ! Nous gagnerons alors, non pas en sensiblerie, en faiblesse, nous gagnerons en innovation.</p>
<p>Il faut aussi travailler soi-même sa propre capacité à être sensible à la différence qualitative, au qualitatif. Le qualitatif, c’est le plaisir. Le qualitatif, c’est le goût. Est-ce que j’ai plaisir, est-ce que j’ai goût à être là où je suis ? Et cette question-là, il faut que je me la pose, il faut que je me l’impose même. Et plus je me la poserais, plus je me l’imposerais, plus elle libérera mes collaborateurs, mes collaboratrices et elle permettra de faire émerger ce type d’intelligence sensible, comme l’innovation qui ne se décrète pas, mais qui se vit.</p>
<p>Il faut s’inspirer, et je vous ai apporté trois images que l’on va regarder, deux photos et un tableau de femmes. Ce sont des femmes qui, comme toutes les femmes, ne sont ni parfaites, ni celles que l’on voit sur les magazines. Simplement, ce sont des femmes dont le parcours est particulièrement intéressant sur le plan de l’intelligence sensible et sur le plan de l’innovation.</p>
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La première c’est Gertrude Stein, peinte par Picasso en 1907 à peu prés. Jean-Jacques Damlamian tout à l’heure parlait des réseaux en disant « une innovation finalement, c’est un réseau de connivences aussi. C’est une personne qui a peut-être une idée, une création, mais aussi des tas d’autres personnes qui montent dans le bateau et suivent l’aventure, ensembles ».</p>
<p>Il n’y aurait pas eu Picasso, il n’y aurait pas eu la carrière de Picasso, s’il n’y avait pas eu Gertrude Stein. De même qu’il n’y aurait pas eu la carrière de Matisse, s’il n’y avait pas eu sa belle-sœur, Sarah Stein. Ce sont des femmes absolument extraordinaires qui au début du siècle voient des choses inouïes, inaudibles, imprévisibles. Des images qui sont impossibles à regarder pour la plupart des gens, qui ne sont pas du tout habitués à ce genre. Et vous avez ces femmes qui sont là dans l’ombre, en appui, en soutien, qui sont les interlocutrices des peintres.</p>
<p>Gertrude Stein appuie Picasso, lui présente les marchands, lui présente les critiques, dîne pratiquement quotidiennement avec lui dans ce moment un peu difficile. Elle le met en concurrence avec Matisse. Elle le lui présente pour le stimuler. En effet, il ne faut pas croire qu’elle avait énormément d’argent. Elle achète, elle achète… elle fait le pari et constitue d’une manière privée une des meilleures collections d’art moderne, parce qu’elle a un œil et du courage.</p>
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La deuxième image c’est l’interlocutrice, c’est la femme, c’est l’épouse, c’est la mère et c’est en un sens un peu la concurrente. C’est Françoise Gillot, qui est la deuxième compagne de Picasso et qui lui donnera deux enfants. C’est quelqu’un que j’admire beaucoup. Parce que, imaginez de vivre avec quelqu’un comme Picasso, ce doit être un peu écrasant quand même ! Elle est peintre, ils sont sur le même domaine, mais elle n’a pas cessé de peindre. Elle n’a pas cessé de s’inspirer, finalement de poursuivre sa route là où elle est, telle qu’elle est.</p>
<p>Elle n’a pas cessé à la fois de méditer, d’être hyper attentive, à l’écoute du travail de l’homme qu’elle aime et en même temps, l’écoute de ce travail, au lieu de la neutraliser, la renvoie à elle-même, à sa propre vie, avec une certaine modestie. Car c’est une modestie de continuer à travailler auprès de Picasso et de faire son chemin. Innover en effet, ce n’est pas nécessairement devenir des grands créateurs, devenir des génies.</p>
<p>Et puis elle lui a donné deux enfants. Et puis elle s’est rebellée. Elle est la seule femme qui a réussi à le quitter. Elle a continué à peindre. Elle avait comme interlocuteur privilégié Matisse. Il y a des lettres formidables entre eux, où ils échangent sur ce qu’est la peinture, sur ce qu’est innover, sur ce qu’est créer, ce qu’est chercher. L’innovation a part à la sensibilité, mais aussi au fait d’être soi-même, d’avoir un métier, de chercher et de ne pas se couper, de ne pas se mutiler de ce qu’on est. Parce que précisément ce que la vie demande de moi et donc ce qu’il y a de vital dans l’entreprise c’est ma capacité à moi à être en vie, et donc à être vivant. Et ce qui me préserve, ce qui va faire de moi quelqu’un de vivant, c’est de faire de moi quelqu’un de sensible. Donc il faut que j’assume ma sensibilité.</p>
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<div id="tabs-11" data-tab-content><br />
Et puis troisième image, c’est une femme que j’aime beaucoup aussi, la grande inspiratrice d’André Malraux écrivain, Louise de Vilmorin, grande femme, grande mondaine. C’est la femme qui a réussi un peu dans tous les domaines, mais ce que j’aime chez elle et c’est par là que je terminerais, c’est que c’est un grand poète et que l’innovation a part à la poésie.</p>
<p>Pourquoi ? Parce que si la poésie, c’est la capacité que nous avons à nous émerveiller, à écarquiller les yeux, à garder devant les êtres, devant un visage, devant une idée, devant un paysage, devant un projet, une capacité d’émerveillement comme si je le voyais pour la première fois ; si la poésie c’est ça, alors je crois que l’esprit d’innovation a intérêt à cultiver l’esprit de la poésie.</p>
<p>Nous n’innoverons, et je dirais même tout simplement, nous ne travaillerons avec justesse, avec finesse et dans un esprit féminin que dans la mesure où nous garderons aussi cette capacité, lorsque l’on voit quelque chose, à essayer de le voir pour la première fois, c’est à dire à sa naissance.</p>
<p></div><ul class="onglet-container bottom clearfix"><li class="onglet" data-onglet="0"><button type="button" class="btn" title="La sensibilité">La sensibilité</button></li><li class="onglet" data-onglet="1"><button type="button" class="btn" title="L'âge de raison">L'âge de raison</button></li><li class="onglet" data-onglet="3"><button type="button" class="btn" title="La sensibilité">La sensibilité</button></li><li class="onglet" data-onglet="4"><button type="button" class="btn" title="Penser de tout son corps">Penser de tout son corps</button></li><li class="onglet" data-onglet="5"><button type="button" class="btn" title="Se laisser impressionner">Se laisser impressionner</button></li><li class="onglet" data-onglet="6"><button type="button" class="btn" title="L’imprévisible nouveauté">L’imprévisible nouveauté</button></li><li class="onglet" data-onglet="7"><button type="button" class="btn" title="Le soleil dans le ventre">Le soleil dans le ventre</button></li><li class="onglet" data-onglet="8"><button type="button" class="btn" title="Chercher la lumière">Chercher la lumière</button></li><li class="onglet" data-onglet="9"><button type="button" class="btn" title="Voir des choses inouïes">Voir des choses inouïes</button></li><li class="onglet" data-onglet="10"><button type="button" class="btn" title="Poursuivre sa route">Poursuivre sa route</button></li><li class="onglet" data-onglet="11"><button type="button" class="btn" title="L’esprit de la poésie">L’esprit de la poésie</button></li></ul></div>
<p>&nbsp;</p><p>The post <a href="https://www.interelles.com/colloques-interelles/intelligence-sensible-et-innovation">Colloque 2003 :   Intelligence sensible et innovation</a> first appeared on <a href="https://www.interelles.com">Cercle InterL</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Vous venez dans un monde qui n’était pas conçu pour cela</title>
		<link>https://www.interelles.com/colloques-interelles/vous-venez-dans-un-monde-qui-netait-pas-concu-pour-cela</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Samuel Avantmidi]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Mar 2013 18:14:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2003]]></category>
		<category><![CDATA[Colloques InterElles]]></category>
		<category><![CDATA[mixité]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux de femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160;  </p>
<p class="elmt-chapeau">Introduction au colloque du Cercle InterElles, 7 mars 2003. Marie-Claude Peyrache, Directrice de la communication, France Telecom Jean-Jacques Damlamian, Directeur exécutif Recherche et Développement, France Telecom </p>
<p> M-C-P - Je voudrai d’abord vous souhaiter la bienvenue à tous et à toutes pour cette [...]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="tabs"><ul class="onglet-container top clearfix"><li class="onglet" data-onglet="0"><button type="button" class="btn" title="C'était le 7 mars 2003...">C'était le 7 mars 2003...</button></li></ul><div id="tabs-0" data-tab-content></div><ul class="onglet-container bottom clearfix"><li class="onglet" data-onglet="0"><button type="button" class="btn" title="C'était le 7 mars 2003...">C'était le 7 mars 2003...</button></li></ul></div>
<p>&nbsp;</p>


<div id="tabs"><ul class="onglet-container top clearfix"><li class="onglet" data-onglet="0"><button type="button" class="btn" title="C'était le 7 mars 2003...">C'était le 7 mars 2003...</button></li><li class="onglet" data-onglet="1"><button type="button" class="btn" title="Je viens vous encourager">Je viens vous encourager</button></li></ul><div id="tabs-0" data-tab-content></p>
<p><p class="elmt-chapeau">Introduction au colloque du Cercle InterElles, 7 mars 2003.<br />
Marie-Claude Peyrache, Directrice de la communication, France Telecom<br />
Jean-Jacques Damlamian, Directeur exécutif Recherche et Développement, France Telecom<br />
</p></p>
<p>M-C-P &#8211; Je voudrai d’abord vous souhaiter la bienvenue à tous et à toutes pour cette journée que nous voulons chaleureuse, riche, un peu pour nous. Je remercie les quelques hommes qui ont accepté d’être là aujourd’hui, nous en sommes très heureuses, pour partager nos expériences et contribuer aux actions que nous menons. Et puis c’est quand même notre journée, alors profitez-en !</p>
<p>J’espère bien que ce colloque et puis le cercle InterElles vont contribuer à apporter une pierre de plus dans le développement de la mixité dans nos entreprises.</p>
<p>Je crois que ce cercle InterElles est né du hasard et de la nécessité. D’abord du hasard, parce que c’est un peu des rencontres avec quelques-unes des femmes qui sont présentes aujourd’hui ici qu’est née l’idée de ce cercle. La plupart était dans des réseaux de femmes qui avaient été créés, développés au sein de leur entreprise. Quelques-unes essayaient de développer ces réseaux et nous nous sommes dit entre nous que la mixité avait plus de chance de se développer si nous nous en occupions nous-mêmes. Nous nous sommes donc lancées.</p>
<p>Le premier colloque a eu lieu l’année dernière. Certaines d’entre vous étaient présentes. Il a duré une journée et nous avons décidé qu’il fallait continuer, aller plus loin. Nous nous sommes réunies régulièrement, environ tous les mois, pour travailler sur des actions avec pour objectif commun de s’occuper de nos entreprises qui sont toutes d’origine technologique et dans lesquelles la mixité est donc moins prégnante. L’objet du cercle est de développer les carrières de femmes et la mixité au sein de nos entreprises. Le cercle se trouve, avec le colloque d’aujourd’hui, encore un peu plus concrétisé.</p>
<p><strong><em>Marie-Claude Peyrache est maintenant responsable du programme BoardWomenPartner</em></strong></p>
<p></div>
<div id="tabs-1" data-tab-content><br />
<p class="elmt-chapeau">Comment pouvions-nous travailler dans un univers où il n’y avait pas une seule femme ?</p></p>
<p>J-J-D &#8211; Je viens vous encourager. En effet, quand je rassemble mes souvenirs à l’école, au lycée, en classe préparatoire, à polytechnique, je n’ai jamais eu de femme à côté de moi. J’ai vécu dans un univers éducatif entièrement masculin. Durant toute la sélection que j’ai vécue avant d’arriver dans le monde du travail, c’était un monde masculin. Dans le corps des agents de télécommunication, dans lequel je suis rentré, il n’y avait pas une seule femme. Et c’est très tardivement qu’il y a eu des femmes.</p>
<p>Donc en fait nous venons d’un monde qui est anachronique par rapport à la vision d’aujourd’hui. C’est un peu comme lorsque j’explique les progrès de la technologie, je dis que quand j’ai commencé à travailler, je faisais 300 mètres pour aller faire une photocopie ! Comment pouvions nous travailler à l’époque ? Et bien je pense qu’à l’avenir nous nous poserons la même question : comment pouvions-nous travailler dans un monde où il n’y avait pas une seule femme ? Comment pouvions-nous nous familiariser avec la vie que nous aurions plus tard si nous ne fréquentions pas une femme dans la vie de tous les jours ? Je ne veux pas dire la vie privée où c’est peut-être un peu différent.</p>
<p>Nous sommes donc en fait en partie conditionnés par cela et probablement vous avez à cheminer dans une période de transition. C’est toujours difficile une période de transition. Ne vous étonnez pas des difficultés que vous rencontrez ! Vous venez dans un monde qui n’était pas construit à l’origine pour cela et qu’il nous faut transformer ensemble pour vivre mieux.</p>
<p>M-C-P &#8211; Pour ma part, j’ai eu un parcours totalement différent de celui de Jean-Jacques. Je suis née dans un village où on ne pouvait se permettre le luxe d’avoir deux écoles. J’ai eu une chance folle, toutes mes études je les ai faites en mixité totale. Comme à l’époque la France n’était pas très avancée quant aux études, je voulais faire HEC, ce n’était pas encore ouvert aux femmes, j’ai dit bye bye la France et je suis allée à Montréal avec toujours dans l’esprit d’aller dans des écoles mixtes.</p>
<p>J’ai eu de la chance à France Télécom de tomber sur des chefs éclairés, ouverts, qui m’ont permis de faire ma carrière. Je dirai que c’était peut-être plus facile, je ne dirai pas trop facile. Je n’ai peut-être pas eu les difficultés dont parle Jean-Jacques. Je me souviens très bien de Jacques Dondoux, ce directeur général qui avait accepté que j’aille ouvrir le premier bureau France Télécom au Japon. A l’époque il me disait que pour ne pas faire de discrimination, alors qu’il y avait beaucoup d’hommes dans les postes de direction, les gens s’appelaient par leur nom de famille dans le milieu masculin. Le jour où le comité exécutif a basculé du nom au prénom, c’est du jour où j’y suis rentrée. Cela a pris un mois. Quand Jacques Dondoux m’appelait au téléphone, il me disait « Peyrache ! » en soulignant qu’il ne pouvait m’appeler autrement, sinon il ferait une différence entre les hommes et les femmes !</p>
<p>Aujourd’hui, nous allons partager nos expériences et nos actions. Toutes les entreprises qui sont là aujourd’hui travaillent sur des actions pour augmenter la mixité. Nous allons ouvrir ce colloque avec la question que nous avons choisie avec notre petit groupe. A savoir : est-ce que l’esprit d’innovation peut rencontrer l’esprit féminin ?</p>
<p></div><ul class="onglet-container bottom clearfix"><li class="onglet" data-onglet="0"><button type="button" class="btn" title="C'était le 7 mars 2003...">C'était le 7 mars 2003...</button></li><li class="onglet" data-onglet="1"><button type="button" class="btn" title="Je viens vous encourager">Je viens vous encourager</button></li></ul></div><p>The post <a href="https://www.interelles.com/colloques-interelles/vous-venez-dans-un-monde-qui-netait-pas-concu-pour-cela">Vous venez dans un monde qui n’était pas conçu pour cela</a> first appeared on <a href="https://www.interelles.com">Cercle InterL</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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